La Dernière fée des sables / Edith Nesbit / NOVEL

Une nouvelle édition d’un roman jeunesse qui fait du merveilleux le canal pour enseigner le réel est une occasion de lecture à vite saisir.

L’éditeur nous signale le livre comme :

« Le premier roman fantastique moderne, dont l’autrice a influencé J.K. Rowling, J.R.R. Tolkien et C.S Lewis » 

Et, à la lecture du livre, nous comprenons vite pourquoi ! 

Mme Nesbit était une militante socialiste. Ses convictions humanistes se reflètent parfaitement dans ses histoires, où elle parle  des thèmes importants, comme l’égalité, et l’empathie envers plus défavorisées.

Je suis assez avare avec mes notes pour les livres jeune public en ce moment, avare de cinq étoiles, alors donner six étoiles, c’est quelque chose !

Ce livre remporte facilement six étoiles.

Les enfants de notre histoire, trouvent une fée des sables, et lorsqu’ils apprennent qu’elle exauce leurs vœux, ils en font un sur place sans trop y réfléchir. Et le vœu tourne mal. En fait, tous les vœux sont exaucés, et les pauvres enfants ont l’impression que la fée des sables les transporte dans un tourbillon d’étranges aventures causés par des vœux hâtifs ! 

Il est vraiment difficile de dire quel chapitre est le meilleur ! Tout le livre est une pure perfection comique et intelligente qui fera craquer toute la famille !

Edith Nesbit est une merveilleuse conteuse – j’adore son style d’écriture.

Ajoutez le à votre bibliothèque personnelle et lisez le dès que possible. Cela fera une superbe lecture à voix haute également, à partager avec les enfants ! 

Âges : 10 ans – 1000 ans (et immortels aussi)

Prosecco et vieilles dentelles / Massimiliano Mocchia di Coggiola / Éditions des Lumières 

Mocchia di Coggiola, un nom de famille qui marque, surtout pour moi franco-italienne !

Je le liais à une exquise artiste Sorrel, artiste et femme de l’auteur de ce livre, dont je possède une œuvre qui m’accompagne tous les jours et que j’affectionne particulièrement.

Aujourd’hui, l’artiste du livre est Massimiliano.

Le roman nous fait voyager à Venise.

Ce texte est élégant et fascinant tout comme la ville qui est un personnage à part entière.

Le livre est illustré par l’auteur qui élargit son talent à l’art du dessin.

Le décor lacustre héberge cette histoire baroque , pour ses personnages sortis tout droit de l’imaginaire théâtrale vénitien et pour l’écriture très personnelle et avec des traces d’italien qui la rendent encore plus « fardée » et éblouissante.

L’éditeur nous éclaire, dans la quatrième de couverture, sur ce sibyllin récit :

« En plein carnaval, les autorités ont isolé la lagune et abandonné ses hôtes emperruqués à leur sort. Les voilà errant sur les gondoles dans leurs costumes de duchesses et de camerlingues. Avec pour tout ravitaillement des palanquées de bouteilles de Prosecco troquées contre les stocks de dentelle de Burano. »

Que voulez-vous de plus pour être intrigué par ce roman 

Au début du Carnaval surgit en effet  l’épidémie de COVID, la nouvelle peste, et les autorités de Venise décident de fermer le pont qui la réuni au continent.

Dans la ville des Doges la fête devient une tragédie et les masques ???? ???? s’utilisent au quotidien.

Un livre qui transgresse comme un Carnaval à Venise.

Un livre obscur et apocalyptique, comme la maladie et l’isolement.

Un livre enivrant grâce à la belle et écriture de l’éclectique Massimiliano Mocchia di Coggiola.

À lire passionnément ! 

Momentos – Création Flamenca de Valerie Ortiz

Mon attention au Flamenco s’est réveillée avec le superbe livre Les danseurs de l’aube (disponible en Livre de Poche).

Marie Charrell  écrit une histoire fascinante et touchante avec des personnages magnifiques, la guerre, la perte, la disparition et l’amour du Flamenco. 

Cette Création Flamenca a donc suscité mon attention.

L’ interprétation est magnifique et hypnotique, le regard suit les mouvements de la danse, du  Flamenco, accompagnée par une excellente musique. 

Une expérience immersive et dépaysante dans le monde de cette danse sensuelle et qui transmet des émotions.

Une belle mise en scène sublime le cocktail formidable de cette représentation.

Mention spéciale pour la danseuse principale, elle sait faire vibrer à chaque mouvement de son corps dans une harmonie parfaite.

Avec la musique, le chant et la danse flamenca si on se laisse transporter, facile de se croire en Espagne ! 

Je suis une spectatrice conquise par ce très beau spectacle que je conseille.

La part du feu / Norman Maclean / Rivages 

Rivages propose une réédition du texte le plus inquiétant et mystérieux de Norman Maclean, écrivain et universitaire américain. 

Voici comment l’éditeur présente ce titre sur son site : 

Le 5 août 1949, aux portes des Rocheuses, l’incendie de Mann Gulch tourne à la tragédie : dix pompiers parachutistes périssent dans les flammes. Norman Maclean a consacré plus de dix ans de sa vie à essayer de comprendre le déroulement des faits minute par minute, se mettant à la place des douze victimes, des secouristes et des forestiers, mais aussi du feu, de l’eau, du vent, bref de tous les éléments du drame…

(Source : Editions Rivages)

Ce livre est une prouesse de la narration de type journalistique enrichie d’une sorte d’enquête psychologique minutieuse.

Une non-fiction parfaite qui m’a fait ressentir une réaction viscérale dès la première page.

Il s’agit d’un excellent récit de l’horrible incendie et, il transporte le lecteur dans cet événement tragique avec la force des mots.

C’est un véritable page turner. 

J’ai lu ce livre deux fois.

Je m’en souvenais comme de quelque chose qui avait changé ma façon de voir le feu. 

J’admire la description de cette horrible fatalité et de ses conséquences dévastatrices.

L’auteur explique le vocabulaire et la gestion de la guerre contre les incendies dans les zones reculées et raconte de façon poignante les débordements et la chaleur, le vent et les conditions météorologiques catastrophiques.

Je recommande vivement cette lecture.

Théâtre Face au Peuple / de et avec Pierre Emonot

J’ai assisté à une date parisienne avant Festival off à Avignon et j’ai découvert, un intense one-man-show, Face au Peuple, qui dure un peu plus d’une heure mais le spectateur garde en mémoire la satire fine et tranchante de Pierre Emonot bien plus longtemps, bien après la fin du spectacle. On a même envie de prendre des notes ! 

Le performeur réalise  des tirades singeantes sur notre société, avec un texte superbement écrit et très drôle, tout en finesse.

Le comédien se présente sur scène bien habillé et bien préparé, on devine une formation littéraire et un amour pour la langue française qui lui permettent d’’utiliser les mots comme arme pour la sarcasme et la satire. 

Finalement si c’est bien dit, ça passe mieux…

Dans ce spectacle toutes nos petites habitudes sont le sujet de moquerie et de remise en question, d’une analyse et une critique au second degré de notre bonne société

Impossible de ne pas rentrer dans le jeux de l’acteur-auteur qui nous promène où il faut avec l’humour et l’élégance qui caractérisent la pièce.

Notre comédien est doté d’une ironie percutante et piquante à la fois, et d’un sens de la scène remarquable et qui le fait remarquer.

Si vous aimez, comme moi, Guy Bedos et Pierre Desproges, vous allez adorer le texte de Pierre Emonot qui génère du rire du début à la fin. 

A voir sans hésiter.

Et la vague les emporta… / Molly Keane / La Table Ronde-La Petite Vermillon

J’ai adoré ce roman intelligemment écrit, basé sur les vicissitudes d’une riche famille anglo-irlandaise vivant à Garonlea, un manoir néo-gothique sévère, avec des vibrations malheureuses, le récit se situe au début des années 1900. 

La trame principale est l’histoire de deux femmes : la matriarche Lady Charlotte qui dirige avec fermeté et rigueur le domaine. Son mari, ses quatre filles et son fils Desmond lui obéissent aveuglement, plus tard, apparaîtra sa belle-fille Cynthia. La jeune épouse semble au premier abord plus gentille et plus aimante, mais au fil du temps, elle se révèle tout aussi folle de pouvoir que sa belle-mère. 

La beauté et la jeunesse de Cynthia ne résisteront pas au pouvoir du vieux manoir.

Je ne pouvais aimer aucune des deux femmes évidemment mais les personnages sont vraiment Jamésiens dans la capacité de transmettre les subtilités menaces  et la guerre psychologique. Un compliment dans mon vocabulaire ou une histoire captivante avec des protagonistes  qui étaient tous des individus complexes, à décrypter au fil des lignes.

Molly Keane gère bien les moments de suspense et donne l’impression que des courants sous-jacents d’obscurité et de forces malveillantes agissent sur les lieux et les personnages.

La majeure partie du drame se déroule dans l’esprit et les perceptions des personnages. Les deux maisons, Rathglass et Garonlea, représentent les deux périodes (ainsi que leurs mœurs culturelles) décrites dans le livre. 

C’est mon premier roman de l’autrice et les autres suivront.

Je vous conseille cette lecture 

Connaissez-vous l’autrice irlandaise ? 

La Fileuse de verre / Tracy Chevalier / La Table Ronde

Quand c’est Tracy Chevalier qui l’écrit c’est moi qui le lit immédiatement son livre !  Je perds mes moyens…

Dit de façon moins tarabiscotée, j’aime l’autrice et je lis ses livres dès la sortie en librairie.

Cette fois encore la flèche de mots de l’autrice m’a touchée.

J’ai toujours été fascinée par le monde des métiers d’art présenté dans les romans de Tracy Chevalier. 

Toujours un métier différent, toujours magistralement tissé dans le scénario qui s’adapte parfaitement à l’intrigue. 

Ce roman ne fait pas exception ! Même si la mise en scène du temps est un peu différente car elle s’étale sur des siècles, avec les mêmes personnages qui vieillissent mais seulement de quelques années au lieu de plusieurs siècles. 

Cela peut paraître étrange, mais ça fonctionne très bien dans l’histoire: le développement psychologique des personnages correspond exactement à la nouvelle époque dans laquelle ils vivent. Cela permet au lecteur de suivre une famille (comme n’importe laquelle) de verriers, ainsi que les événements sociaux et politiques marquants, qui ont affecté leur vie. Le temps à Murano s’écoule différemment, nous découvrons l’artisanat au fil des années. Pas besoin de créer un nouvel ensemble de protagonistes. Très impressionnant ! Quant aux personnages eux-mêmes, ils sont si finement représentés qu’on peut les voir et les entendre. 

Ce que j’ai aussi beaucoup apprécié et qui semble être caractéristique de l’autrice, est la description des décors, ici Venise. 

Venise est peinte de manière vivante avec son propre développement (social, politique, architectural, artistique) à travers les siècles. C’était fascinant ! Je recommande fortement ce roman, d’autant plus que j’ai moi-même adoré Murano et ressenti la sensation d’être hors du temps.

Pepsi Steet Food restaurant éphémère à Paris / Chef Xavier Pincemin / 23-29 mai 2024

 J’ai passé une excellente soirée, hier pour le lancement presse du restaurant éphémère Pepsi Street food.

Pepsi s’associe avec Xavier Pincemin pour offrir une dégustation de cuisine de rue du monde.

Avec 3 menus: Paris, Séoul et New York.
Excellent accueil et attentions pour m’aider à m’installer avec mon fauteuil roulant ♿️ 

Déjà les entrées ont du Peps ! si !
Des petites merveilles, tout est bien présenté, ici le plaisir des yeux a son importance. La cuisine du Chef, ancien gagnant d’une édition de Top Chef, est surprenante, pratique et surtout délicieuse.

Le restaurant Pepsi sera ouvert jusqu’au 29 mai au 2 rue Bichat (Paris 10).

Les beaux plats de street food se succèdent et des jetons Pepsi (j’en ai gardé 2 comme souvenir) permettent de déguster différents et plusieurs cocktails au Pepsi.

Ma soirée a été surtout à base de Pepsi Cherry Light.

Mention spéciale pour la pizza du menu New York et pour le Saumon du menù Séoul en entrée et en plat pour le Hot Dog et le Croissant très originaux.

Bravo M. Le Chef, car un bonne alternative Veggie existe pour tous les plats.

J’ai pu échanger avec Xavier Pincemin et il est ravi de ce chalenge avec Pepsi, il sera dans la cuisine de ce beau restaurant pour les prochains services.

Les desserts arrivent, les assiettes et la salle se vident, le super beau, gentil et adorable serveur nous propose un dernier dessert que nous n’avions pas encore testé.

Le dessert : Pepsi-Licious Cookie est un moment d’extase ! (Menu New York)

Il y a une mousse de Pannacotta autour du Cookie mi-cuit !!!
En sortant un petit tour à la boutique Pepsi pour finir la soirée…

Ma dégustation Pepsi m’a fait penser à Michael Jackson pendant tout mon trajet de retour à la maison

Jackson était l’icône de la marque avec des canettes collector et des vinyles avec le logo de la boisson.

Souvenir qui resurgit aussi est la canette déclinée pour chaque pays de la tournée mondiale du chanteur.

Je vous montre celle pour l’Italie, j’ai bu le soda, enfant, toute petite lors du premier concert de ma vie, accompagnée par mon père.

En rentrant j’ai découvert des beaux articles de presse sur la soirée et mes recherches m’on conduite à m’intéresser à la maison mère de Pepsi, PepsiCo qui a une politique d’inclusion des PMR ♿️ dans sa gestion des ressources humaines, vraiment remarquable. Je les félicite.

Maintenant je sais aussi que nous devons notre Pepsi à Caleb D. Bradham, qui invente en 1893 une potion à base de noix de kola contre la « dyspepsie » et les troubles de la digestion. Mélangé à l’eau de Seltz, le « Brad’s Drink » se révèle très désaltérant. Nombreux sont alors ceux qui viennent le déguster à la soda fountain de la pharmacie.

Si vous êtes à Paris, vous avez jusqu’au 29 mai pour découvrir un lieu sympathique avec une cuisine excellente : accessible ♿️ & économique

On vient de loin – Yasmina Reza – Quarto Gallimard

Je dois d’abord avouer que Yasmina Reza fait partie des « auteurs lares » de ma maison, cette fille illégitime qu’Audiard aurait eu avec Desproges décrypte nos travers avec le plaisir pétillant d’un bonbon acidulé. J’ai eu le privilège de la découvrir très tôt lors de la création de « Art » avec Lucchini, Arditti et Vaneck, cela fait donc 30 ans que « comment peux-tu dire « Cette merde » ? », « c’est un être hybride et flasque » et « Lis Sénèque ! » font partie des phrases qui dénouent les petits tracas comme d’autres citent « les tonton flingueurs ».
Heureusement son art ne s’est pas arrêté a cette pièce, et c’est avec le même plaisir qu’on peut découvrir d’autres de ses œuvres.
Son verbatim de campagne électorale, les conflits entre parents d’élèves, ou même le devoir de mémoire envers « la catastrophe » ont

toujours cette distance qui déclenche le sourire et transcende le tragique.
Son écriture rapide qui déroule les pensées intimes comme les événements fait qu’il m’est difficile de poser le livre avant la fin, cela devient un film de comédie impossible à interrompre.
Un grand merci à Quarto Gallimard qui permet d’emporter plusieurs livres en un seul volume, idéal pour les trajets ! Cette collection que j’aime lire pour inviter autant d’auteurs différends chez moi me ravi toujours, cette diversité du catalogue vous fera certainement trouver un Quarto pour vous.


Lisez Reza, c’est au delà de moderne, Serge dirait « éternissime ! »

Azucre – Une épopée / Bibiana Candia (traduction conjointe Emilie Fernandez) / Editions Du Typhon

Azucre est un roman dont la lecture devrait devenir incontournable. La narration de Bibiana Candia est exquise, si proche qu’elle parvient à nous mettre pleinement dans la peau de ces 1 704 familles qui ont été impliquées dans ce morceau d’histoire qui, même s’il n’aurait jamais dû être oublié, grâce à ce livre, restera vivant à nos yeux et dans notre mémoire.

 En 1853, la Galice fut fortement touchée par l’épidémie de choléra. Profitant de cette situation, un homme d’affaires promeut une campagne de colonisation blanche et de remplacement des esclaves noirs amenés d’Afrique à Cuba en la présentant comme une promesse de bien-être.

 Même si le voyage en bateau fut difficile, lorsqu’ils arrivèrent sur l’île, rien de mieux les attendait. Ce qu’ils pensaient être une œuvre de salut s’est avéré être une tromperie et ils ont été vendus comme esclaves.

 Ce livre romancé, nous rapproche d’une histoire tout à fait réelle. Toutes les données qui apparaissent ici ont été documentées par l’autrice.

Sans aucun doute, un livre à lire pour le fond et pour la forme. Azucre est un super beau roman avec des phrases, des paragraphes et des expressions à saluer pour leur richesse et originalité.

 Nous touchons avec les mots , à quel point l’émigration a été et est difficile. Dans ces années-là, cela signifiait qu’un père, un fils ou un membre de la famille décidait de partir et dans de nombreux cas sans jamais revenir. C’est pourquoi cette histoire me touche encore plus, et je suppose qu’elle fera la même chose pour beaucoup d’entre vous.

Je vous conseille cette lecture de faits lointains qui me paraissent si proches.

L’espérance d’une vie meilleure est un droit la bafouer et jouer avec des vies humaines reste une honte. Homo homini lupus.