Paul prend la forme d’une fille mortelle Par Andrea Lawlor | La Croisée

Aujourd’hui 13 août en librairie.

Paul, à l’instar d’Orlando de Virginia Woolf, navigue avec audace entre les genres, explorant une identité aussi fluide que l’époque dans laquelle il évolue.

Orlando, de Virginia Woolf, pourrait bien être le  plus proche parent de Paul-Polly

Mais à la différence d’Orlando, Paul n’est jamais totalement “homme” ni “femme”, mais plutôt les deux/en même temps

La possibilité de changer de genre à ma guise me plairait bien, cette idée m’a fait plonger dans l’intrigue immédiatement.

Je le dis honnêtement j’aurais aimé éprouver les sensations d’un homme et pouvoir être l’une et l’autre.

L’auteur, par une écriture vive et pleine d’esprit, nous entraîne dans l’univers vibrant d’un Paul à la fois imparfait et irrésistiblement attachant. Cette quête perpétuelle de sens et de liberté prend vie à travers la traduction habile de Laure Jouanneau-Lopez, transportant le lecteur des bars de la côte Est aux horizons de San Francisco. Paul, ou Polly selon ses transformations, incarne une modernité désarmante où chaque page est une révélation sur l’acceptation et le courage d’être soi-même.

Ce roman, véritable lettre d’amour à la culture queer, transcende les simples frontières littéraires pour offrir une réflexion sur l’identité et les libertés individuelles. Avec « Paul prend la forme d’une fille mortelle », entre rires et introspections, Andrea Lawlor signe une œuvre lumineuse et essentielle à tout lecteur en quête de voyages intérieurs authentiques.

J’ai terminé ce roman avec une belle sensation de voyage intérieur, la littérature est un magnifique super pouvoir pour comprendre le monde et mieux nous connaître.

Je suis curieuse de savoir ce que Andrea Lawlor écrira ensuite et j’adorerais l’interviewer.

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Le cocker du sexologue : Patrick Papazian, Éditions de l’Opportun

Roman drôle et humain.

Patrick Papazian, dans son ouvrage « Le cocker du sexologue », nous invite à une incursion rare et délicate dans son cabinet parisien, où chaque récit devient une exploration poétique des tréfonds de l’intimité humaine. Avec Mrs Robinson, son fidèle cocker, à ses côtés, il n’est pas sans évoquer le célèbre « Flush » de Virginia Woolf, autre récit où le regard d’un chien nous offre une perspective unique sur la complexité des relations humaines et émotionnelles.

Publié en 1933, « Flush » se distingue par sa capacité à percevoir le monde à travers les yeux innocents et pénétrants d’un cocker vivant aux côtés de la poétesse Elizabeth Barrett Browning.

De même, chez Papazian, Mrs Robinson devient l’observatrice silencieuse des récits vibrants de vie qui défilent devant elle, apportant une chaleur familière et une certaine dose d’humilité dans un environnement souvent chargé d’émotions.

Papazian, à travers ses portraits subtils et son récit empreint d’une tendre authenticité, rappelle l’art de Woolf de transformer des moments ordinaires en émerveillement littéraire. Chaque rencontre dans le cabinet est une biographie émotionnelle où le lecteur se découvre spectateur empathique et parfois confesseur invisible.

On y parle d’addictions, de désirs, de blocages, de peurs et d’émotions.

Les séances sont un portrait de la société.

Grace au regard d’un compagnon canin, on enrichit notre compréhension de l’humanité, plaçant le lecteur dans un huis-clos à la fois thérapeutique et littéraire.

En somme il faut vraiment lire ce livre peu ordinaire et extraordinaire.

L’auteur est un médecin-sexologue gay et engagé. Impliqué auprès de plusieurs institutions et associations.

Carte postale de Toscane au Book Club de France Culture / « Sphinx » d’Anne F. Garréta Gallimard Imaginaire

Un roman qui explore une histoire d’amour complexe et énigmatique entre deux personnages sans révéler leur genre. L’auteur s’inspire du mythe du Sphinx pour créer une atmosphère mystérieuse. Le récit se déroule principalement dans des scènes nocturnes à Paris et New York, où la relation entre le narrateur et le personnage A*** se développe. Ce livre, publié initialement en 1986, est connu pour sa structure unique et sa manière innovante de traiter des thèmes liés à l’identité et au genre.

 

La Maison Dīces 

Le mot « Maison » en plus de la connotation de « chez moi » si douce, me fait penser aux Maisons d’édition, aux grandes Maisons de la haute couture, mais aussi à des marques que j’aime « Maison Kitsuné » « Maison Labiche »…

La « Maison Dices » vient de rentrer dans la listes de mes passions ou manies si vous préférez …

La Maison Dīces, c’est avant tout un manifeste écrit sur tissu, une invitation à porter haut la voix de ceux qui refont le monde avec une simple phrase. En effet, chaque pièce de vêtement est pensée telle une toile vierge, prête à accueillir une pensée singulière, une vérité délicatement déposée sur le coton comme sur une page blanche. Que ce soit la prose envoûtante de Miguel Bonnefoy (que j’aime ce t-shirt) ou l’enthousiasme vibrant d’un message emblématique, chaque création défie les conventions et invite à la réflexion.

Cette marque est aussi une jeune et brillante agence de communication.

Grâce à leur expertise en stratégie et direction artistique, les créatrices de Dīces, 2 femmes de grand talent, sculptent des récits liés aux mots, aux auteurices et à l’univers de l’édition.

Au cœur de cette épopée littéraire et esthétique, la newsletter hebdomadaire de Dīces s’impose comme un rendez-vous incontournable pour les amoureux de citations et de belle prose. 

Chaque vendredi, elle offre à ses abonnés un fragment de sagesse, une invitation au vagabondage intellectuel se mêle un florilège de phrases sélectionnées avec soin.

Ainsi, la Maison Dīces incarne ma vision du partage, un amour infini pour la langue et offrir à chacun l’opportunité de devenir, à sa manière, un poète du quotidien. 

Vous serez surpris de la qualité et des choix écologiques et véganes de ces beaux T-shirts fabriqués en France 🇫🇷.

La Maison Dīces nous habille avec des mots, du body art plus facile à changer qu’un tatouage.

On peut aussi, comme moi combiner t-shirt et tatouages…

Bref ceci n’est pas un message commercial mais un avis amical.

J’interviewerai en septembre l’une des créatrices de cette incroyable aventure avec les mots ! 

La Théorie du Bourdon, Paul Joubert, Éditions Maison Pop

: Une plongée dans l’infini magique de l’enfance

Légèrement influencée par le bel avis de Mathias Malzieu sur ce livre je me suis laissé emporter par « La Théorie du Bourdon », une œuvre poignante où Paul Joubert nous rappelle, avec une élégance saisissante, la beauté mélancolique de nos rêves d’enfant. C’est une exploration des chemins sinueux que nous empruntons en grandissant, un voyage tissé de magie et de souvenirs précieux.

Peter et ses complices extraordinaires vivent des aventures où chaque pouvoir reflète l’innocence et la fantastique créativité de l’enfance. Pourtant, l’ombre inquiétante de Virgule nous rappelle inexorablement les compromis auxquels nous devons faire face avec l’âge adulte. Ce récit, n’est pas seulement simple fable, il devient un miroir de notre propre passage à l’âge adulte, interrogeant ce que nous choisissons de préserver ou d’abandonner.

Ce roman est immersif. 

Joubert réussit avec brio à articuler la tension entre les désirs de l’enfant et les réalités inéluctables de l’adulte, invitant chacun de nous à revisiter ces rêves que l’on croyait perdus. 

Un livre enchanteur qui, comme un murmure, vous rappellera l’importance de garder vivante une part de notre enfance. Un incontournable pour ceux en quête de réflexion et de poésie.

Livre qui m’a plu et que je conseille à mon tour à mes amis et amies.

Il était un coeur » : L’odyssée d’un cœur vibrant, entre folie et humanité /Avignon Off

Au Vieux Balancier, Joris Carré nous convie à une expérience théâtrale hors du commun avec « Il était un coeur ». 

Un seul en scène qui dévoile une véritable performance d’équilibriste, où le conte, la musique, et le chant s’entremêlent pour donner corps à une autofiction aussi touchante qu’audacieuse.

Cette perfection, irradie et nous offre une introspection sans fard, un voyage au cœur de ses contradictions, de ses fragilités. On rit, on est ému, parfois dérouté, mais jamais indifférent. Car « Il était un coeur » est avant tout une ode à la différence, une célébration de la singularité.

Certains diront que la mise en scène est déroutante, voire un brin excessive. D’autres y verront une audace salvatrice, une volonté de briser les codes pour mieux toucher l’âme du spectateur. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : « Il était un coeur » ne laisse personne indemne. 

À voir, pour oser enfin écouter le bruit singulier de son propre cœur. 

Un spectacle qui résonne longtemps après le baisser de rideau.

Crédit : Valentin Richard

80 LGBT+ qui ont changé le monde » de Florent Manelli (Éditions Lapin)

les Visages d’une révolution nécessaire.

Florent Manelli est brillant, parler avec lui, du monde ou de nos animaux plus que de compagnie est un plaisir.

J’aimerais vraiment vous faire connaître son talent et un parcelle de ses idées que je souscris pleinement.

À la rentrée je vous proposerai un bel entretien de 38 minutes et 47 secondes sur mon blog avec lien sur les réseaux et un extrait ici où nous vous parlons de certains des portraits du livre.

Ce que vous voyez en video aujourd’hui est ma version estivale avec une surprise à la fin.

Des sérieux conseils pour l’été et une photo terriblement mignonne !

Parlons du livre :

Florent Manelli, nous offre, une galerie de portraits, un panthéon intime où chaque figure raconte un fragment de la grande épopée des droits LGBT+. On y croise des noms familiers, des héros et héroïnes dont l’écho résonne dans nos luttes contemporaines, mais aussi des visages moins connus, artisans discrets d’un monde en devenir.

J’ai aimé retrouver mon tant aimé Keith Haring mais aussi découvrir des noms et des visages oubliés.

C’est précieux de retrouver ses visages.

Le trait de Florent Manelli, intense et sensible, capte l’essence de ces vies engagées. Il ne cherche pas à magnifier à outrance, mais plutôt à révéler l’humanité profonde qui anime ces figures. On sent, derrière chaque portrait, une empathie sincère, un désir de rendre hommage à ces parcours souvent semés d’embûches.

Ce livre est un rappel nécessaire : l’histoire des droits LGBT+ est une mosaïque de combats individuels et collectifs. Chaque avancée, chaque victoire est le fruit d’un courage inouï, d’une détermination sans faille. L’auteur nous invite à ne jamais oublier d’où nous venons, et à mesurer le chemin qu’il reste à parcourir. 

Une lecture indispensable, un acte de mémoire et d’espoir.

Ces fleuves qui coulent en nous » d’Erik Orsenna (Julliard)

Une cartographie poétique du corps humain

Mon tant aimé Erik Orsenna nous offre, avec ce livre une  invitation au voyage. Un voyage intérieur, intime, au cœur de ce continent méconnu qu’est notre propre corps. L’auteur, avec sa plume alerte et curieuse, nous guide à travers les méandres de nos artères, les dédales de notre cerveau, les mystères de nos « zones humides ».

Il convoque les grands esprits qui, avant lui, se sont penchés sur ces questions : Hildegarde de Bingen, Galien, mais aussi des figures moins connues, des « fous curieux » qui ont osé explorer les territoires inexplorés de la physiologie humaine. Orsenna entrelace leurs découvertes avec ses propres réflexions, ses propres émerveillements, créant ainsi une symphonie harmonieuse où se mêlent science et poésie.

Il nous rappelle que nous sommes tous, à notre échelle, des microcosmes, des univers en miniature où circulent des flux incessants. Des flux de sang, bien sûr, mais aussi des flux d’émotions, de rêves, de souvenirs. Il nous invite à considérer ces flux comme autant de rivières qui irriguent notre être et nous relient au monde qui nous entoure.

Alors, laissez-vous entraîner par ce courant d’humanité, ce flot de connaissances et de poésie. Plongez dans « Ces fleuves qui coulent en nous », et vous en ressortirez enrichi d’une nouvelle conscience de vous-même et de votre place dans le grand fleuve de la vie.

Un joli livre pour les voyageurs de toutes les espèces !

Il nous faut la vie fauve de  Caroline Boidé (Éditions des Équateurs)

Un appel sauvage à la liberté

Le livre je l’ai rencontré à La Grande Librairie, il m’aurait peut-être échappé autrement, malgré sa si flamboyante couverture.

L’autrice je la connaissais seulement comme poétesse.

Le mot Fauve et son dérivé Fauvisme est rentré dans ma vie au collège, pour un exposé, et ma mère m’a révélé sa passion pour Matisse, elle qui ne parlait que d’Impressionnisme était attirée par la couleur.

Caroline Boidé nous invite, avec une prose aussi acérée qu’un regard de fauve, à une exploration des âmes indomptées. Loin des sentiers balisés, elle part sur les traces de ces artistes, ces penseurs, ces figures libres qui ont rugi leur refus d’une existence domestiquée.

De Collioure à Tanger, en passant par Nice et le Mexique, l’autrice nous guide à travers un voyage géographique et spirituel. Elle convoque Matisse et Derain, dont les couleurs éclatantes défiaient déjà les conventions, Nietzsche, penseur solitaire, Chavela Vargas, voix rauque de la passion, et tant d’autres. Elle nous rappelle que la vie, la vraie, se trouve au-delà des barreaux que nous nous construisons.

Caroline Boidé ne raconte pas seulement ces vies. Elle les scrute, les interroge, y cherche un écho à nos propres aspirations. Elle nous encourage à réveiller le fauve qui sommeille en nous, à embrasser la couleur, l’indignation, l’imagination. Elle nous souffle à l’oreille que nous avons le droit d’approcher le soleil.

Ce livre est un manifeste, un cri de ralliement pour tous ceux qui refusent la cage. Une invitation à vivre pleinement, sauvagement, sous le signe de la passion et de la beauté.

J’ai aimé l’écriture et l’enthousiasme de l’autrice et je vous invite à découvrir ce texte captivant et intense.

Le Dernier Lézard – Laurianne Lefranc – Éditions Le Tripode

Dans un monde privé de ses repères, où le vide résonne plus fort que la présence, Laurianne Lefranc nous invite avec « Le Dernier Lézard » à un voyage introspectif, vibrant de solitude et de poésie. À travers les pages de ce roman graphique, l’autrice, à la plume délicate et au trait onirique, réveille l’écho d’une enfance oubliée, enlacée par la mélodie douce-amère de la disparition. 

Un enfant se réveille seul, plongé dans un univers dépeuplé d’âmes, tel un dernier souffle dans un monde oublié. Les maisons abandonnées deviennent les témoins silencieux d’une quête initiatique, où chaque pas est une exploration de rêves évanescents. Inspirée par le cinéma de Pen-ek Ratanaruang, l’autrice tisse son récit comme une métaphore poignante, où la solitude devient une muse, un personnage à part entière, vibrant de la mélancolie des temps perdus.

Le personnage principal, comme le lézard imaginaire dont il lit l’histoire, est la dernière relique d’un monde que le temps a effacé. En fusionnant la simplicité graphique avec la profondeur narrative, Lefranc offre aux lecteurs une œuvre de résonance universelle, où l’absence de l’autre éclaire d’un jour nouveau le sens même de l’existence. 

« Le Dernier Lézard » est comme une douce méditation sur l’absence, explorant avec élégance souvenirs et rêves. À travers ce roman graphique, Laurianne Lefranc réussit à captiver son lecteur, à le transporter dans un espace où l’intime se dévoile et où la poésie du silence parle d’une voix éclatante. 

J’ai adoré Jérémy Mercier Ortega, nous parler de cet ouvrage Dimanche 29 juin au dernier Book Club de la saison en live sur le compte d’ Augustin Trapenard à 18h00.

Prochain RDV le 7 septembre !