Book Club : Souviens toi des abeilles / Zineb Mekouar / Gallimard

Bonjour le Book Club,

Je t’écris pour te parler de Zineb Mekouar qui a un formidable talent de conteuse.

Son précédent roman « La Poule et son cumin » est le gagnant du prix des lecteurs Points (révélation : étant dans le jury, j’ai voté pour son livre !).

Zineb Mekouar, avec sa poésie en prose, accompagne les lectrices et les lecteurs dans un Maroc différent des plages touristiques. Nous lisons l’histoire d’un jeune garçon, Anir et de son village à la terre couleur, ocre.
La famille d’Anir est composée par sa mère qui a un secret et des comportements atypiques, son père parti travailler à la ville et de son Grand Père, mentor et dépositaire de connaissances ancestrales.
Les protagonistes sont attachants et par moments bouleversants.
Le texte est saisissant et la soif d’en savoir plus ne vous quittera pas, tout se révèle fragment après fragment dans ce conte qui parle de famille, des racines et évidemment de la Terre et de l’importance d’en préserver l’équilibre.
Le plus ancien rucher collectif du monde, qui se trouve sur un flanc de montagne du Haut Atlas, dans le village d’Inzerki, existe vraiment.
Il est menacé par le réchauffement climatique.
Les abeilles diminuent et le rucher se vide, au grand damne des habitants. L’absence de bourdonnent est synonyme de mort, de désastre écologique.

L’une des grandes forces de Zineb Mekouar est d’écrire une histoire universelle, de ce petit village attachant, lieu où grandissent des sentiments et des perceptions qui mènent à une réflexion globale, sans frontières.
Ce récit magistral réussi un prodige, offrir une vision intime et typiquement marocaine et pourtant collective.
Des thématiques importantes qui deviennent emblématiques, dévoilées avec amour et force.
L’écriture est directe, expressive et mélodieuse.

Cette lecture magnifique et mon coup de cœur de l’été, de l’automne, de l’hiver et du printemps
Je veux le partager avec toi cher Book Club.
Voici donc ma carte postale pour toi : Pensées du Maroc with Love !

La belle-mère de Blanche Neige / Slac / Collection Mythes au féminin , Éditions Reconnaissance

Si une Maison d’Edition parle de: « Réinventer l’expérience de lecture en alliant plaisir de lire, (re)découverte de lieux iconiques et la Reconnaissance comme ligne éditoriale.», mon envie de lire ses livres est immédiate.

Reconnaissance est une nouvelle maison d’édition, engagée et indépendante.

Reconnaissance (n.f.) : sentiment de gratitude envers quelqu’un. Action de reconnaître quelqu’un ou quelque chose.

Première lecture découverte,  par hasard sur Instagram: La Belle-Mère de Blanche-Neige est une lecture réussie particulièrement aimée.

J’admire ce petit et brillant texte et,  je n’ai pas succombé aux arguments des Frères Grimm, ici procureurs qui font un étalage éloquent des charges. 

Le mythe dans cet ouvrage n’est pas seulement réadapté, il est analysé et déstructuré pour en saisir les contradictions et les équivoques possibles.

Je me range du côté des co-détenues de la Belle-Mère ! Pour savoir pourquoi il ne vous reste qu’à lire vite le livre ! 

L’autrice pluri romancière, psychologue et psychothérapeute écrit de manière très agréable à lire et sait montrer les côtés obscures du mythe, utilisés pour expliquer l’archétype qu’il représente.

Une lecture plaine de lucidité et lumière, avec une intrigue originale et bien menée.

Ça correspond en tout point au projet de l’éditeur. 10 sur 10 sans hésiter pour l’écrivaine et pour les Éditions Reconnaissance.

Je vais vite lire Iseult de Sophie Adriansen, également dans la Collection Mythes au féminin.

Je suis aussi très curieuse de découvrir les futurs titres et les autrices à venir ! 

Je suis une véritable admiratrice de la conception de littérature qui porte cette jeune maison d’édition !

Je vous conseille avec tout mon cœur et mon âme La Belle-Mère de Blanche-Neige (c’est pour faire un peu conte de fée) ! 

Les Portes / Gauz / Le nouvel Attila

Gauz, je l’ai connu avec Debout-Payé (Le Nouvel Attila, 2014) et je l’ai vraiment apprécié avec Black Manoo (Le Nouvel Attila, 2020).

Aujourd’hui Gauz, qui n’a pas vécu directement la grande occupation de l’église Saint-Bernard, à Paris, qui a eu lieu à l’été 1996, racconte cette lutte dans Les Portes, le dernier volet de sa « trilogie des papiers ».

Le sujet m’intéresse et j’ai l’impression de ressentir les portes qui se ferment, comme des frontières.

Les portes nous protègent et nous enferment, le titre me conduit déjà à m’interroger sur les portes que j’ai rencontré, fermé ou ouvert dans ma vie. Elles sont nombreuses ces Portes.

Gauz, a dit chez France Cultuture  : « La lutte consiste à récupérer les mots et combattre par les symboles ». C’est vrai il faudrait déjà commencer à faire ça et ne pas nous enfermer et nous laisser enfermer derrière les frontières qui sont nos Portes.

L’auteur a également écrit : « Tout mène à des portes qui conduisent à des portes qui dirigent vers des portes qui s’ouvrent sur des portes qui guident à des portes… tout ! C’est cela qui fait de nous une espèce en migration perpétuelle. »

Je partage ce point de vue. 

Mais parlons de l’histoire du livre :

Paris, été 1996. Un cortège d’Africains cherche un refuge d’où défendre ses droits. Lorsque Madjiguène Cissé, leur porte-parole sénégalaise leur fait franchir les portes de l’église Saint-Bernard de la Goutte d’Or, la lutte peut commencer. 

Gauz nous racconte depuis l’intérieur, avec des mots poignants, l’occupation et la grève de la faim, qui va finalement attirer l’attention de tout un pays et faire parler des sans-papiers. 

Ce récit est une immersion dans la richesse des diversités.

Gauz fait entendre dans ce texte la voix d’une mosaïque de citoyens confiants dans les promesses de la France et soutenus par des célébrités, des religieux et des français et des françaises comme nous.

Moi à ce moment là je me trouvais à Rome et j’admirais la France, ma France, j’étais à l’époque une adolescente engagée et certaine que Liberté, Égalité Fraternité étaient un credo et pas seulement une devise.

Malgré le soutien de l’opinion publique, les réfugiés de l’église parisienne seront délogés manu militari.

Loin loin loin tout c’est si loin ça mais les portes sont toujours là ! Et la brutalité augmente.

Bravo à Gauz de le rappeler et de nous raconter le point de vue que nous n’avons pas su et ne voulons pas écouter.

Un livre qui secoue et passionne  à lire absolument car c’est un bon remède à l’indifférence ! 

« Je hais les indifférents » Antonio Gramsci.

Dans le noir, je peux être à toi / Salla Simukka / Actes Sud Jeunesse

Si vous voulez proposer à des ados une lecture YA qui sort du lot, je vous conseille un livre de Salla Simukka, tous les ingrédients comme la romance et les personnages attachants sont là pour séduire les Young Lecteurs.

L’autrice est née en juin 1981 à Tampere, Finlande. Après des études de philologie nordique, de finnois et de lettres à l’université de Turku, elle devient traductrice et écrivaine de romans pour la jeunesse. En 2013, deux de ses titres remportent le prestigieux Topelius Prize.

Rares sont les livres jeunesse qui peuvent surprendre par leur contenu, cette  belle et forte histoire sur l’amour entre deux filles et les douleurs de la vie, qui ne sont pas toujours visibles de l’extérieur le fait, elle peut surprendre.

Elle m’a surprise.

Les livres « tournés » à  2 points de vue sont un concept intéressant. Il est possible ainsi, de faire ressortir différemment les émotions de façon plus multiforme.

Je me demande si il ne faudrait pas recommencer dans l’autre sens de lecture une fois terminé le livre à deux voix.

Le langage est fluide et accessible, c’est comme lire un journal intime bien écrit qui nous livre une réflexion sur l’identité et l’orientation sexuelle, ou du moins sur son questionnement. Nous suivons l’histoire de Varpu et Saga deux adolescentes que tout oppose et tout attire.

Le récit contient probablement, les scènes de sexe, adaptées à un jeune public,  les plus joliment écrites que j’ai jamais lues. L’accent est mis sur la charge émotionnelle des protagonistes.

La fin du livre dépend quelque peu de votre propre interprétation et du « côté de lecture» que vous privilégierez.

Le lecteur est prié de réfléchir à la suite des histoires des 2 adolescentes finnoises.

N’ayez pas peur, on peut lire ces récits à moins ou à plus de 18 ans, il reste intéressants.

Je le conseillerais à partir de 14/15 ans.

Autoportrait d’une autre / Élise Turcotte / Éditions Alto 

Littérature québécoise, aujourd’hui Élise Turcotte fait vivre avec ses mots une écrivaine sur les traces d’une tante, au destin extraordinaire, disparue tragiquement il y a longtemps .

Denise Brousseau mena apparemment une vie bohème au Québec en France et au Mexique.

Ce livre est un récit sur la découverte de l’autre, les rencontres, les décisions de la vie surtout de la mémoire. 

La mémoire des personnes et des lieux.

L’interrogation que l’autrice nous mène à avoir est forte et bouleversante. 

Les souvenirs et les impacts des êtres qui nous touchent sont sous estimés et pourtant ils existent bien dans une partie de la mémoire qui a parfois besoin d’en savoir plus.

La narratrice souhaite faire revivre sa tante grâce à ses souvenirs et ceux des autres, ce fantôme la hante, elle a besoin de tout savoir pour le faire reposer en paix.

Une belle  et captivante écriture dessine le portrait de l’autre qui se découvre être un autoportrait composé par des morceaux choisis.

Un livre écrit avec passion que je vous conseille absolument.  

Journal du marais / Paule-Marie Duquesnoy (Auteur) Stéphanie Schouvey (illustrateur) / Klincksieck

Écrit pendant la période de la pandémie de Coronavirus, je dirais « Post hoc, ergo propter hoc « , ce livre est une plongeante promenade littéraire dans la nature.

Les belles illustrations de Stéphanie Schouvey accompagnent les mots et rendent cette expérience de lecture tellement plus agréable !

Les couleurs donnent forme aux sensations.

J’étais déjà conquise par cette collection de lectures qui me font du bien et qui me rapprochent de la nature ! et celle-ci confirme ma nouvelle « Book-addiction » pour De Natura Rerum.

Chaque contemplation est poétique et porteuse de la joie que la beauté de notre planète émane dans une feuille ou une petite créature.

Chaque page est enveloppante et les histoires sensibles se mêlent à des méditations, comme des sentiments personnelles, parfois universels.

Une lecture passionnante que je conseille dans cette période tout particulièrement et après aussi.

L’homme des Mille Détours / Agnès Martin-Lugand / Michel Lafon

Ce livre était sorti pour la rentrée littéraire 2023.

Les analyses de vies d’hommes et de femmes de l’autrice me plaisent et je suis le parcours de la romancière et psychologue clinicienne.

Ce texte provoque des émotions et secoue sans brusquer, parle d’une famille brisée, en la regardant avec le prisme de la reconstruction personnelle.

Géographiquement, nous voyageons de La Réunion à St Malò, mais les protagonistes voyagent pour définir leurs chemins personnels, à l’absence et la présence de l’autre.

Les personnages inquiets et abîmés, nous proposent une Odyssée sentimentale et humaine intéressante.

Erin et ses enfants, Ivan et Gary, parlent des milles voies et facettes de l’Amour, qui dirige l’histoire.

À lire avant de tomber dans la prochaine rentrée littéraire ! 

Le marais aux pieuvres / Pauline Parent / La Singulière

Je ne sais plus exactement ce qui m’a donné envie de lire ce livre, les raisons peuvent même être multiples : Un premier roman, par ici on adore les bébés autrices, ou le titre et la couverture mais ça ne suffirait pas à expliquer le besoin que j’ai eu de lire ce livre.

On peut rajouter, peut-être l’amour pour la découverte de nouvelles ME et la biographie de l’autrice qui mentionne Sciences Po, comme moi et une autrice que j’adore et archéologie, comme une écrivaine qui me fascine et comme moi j’aurais pu, avec un peu plus de courage ! Mystère.

Mon intuition, appelons la ainsi, était bonne l!L’ histoire et l’écriture sont immersives, et oui cette lecture est immersive. C’est comme une illustration dessinée avec des mots. La manière d’écrire de Pauline Parent est sensorielle et intense. Nous suivons une histoire fantasmagorique qui émane la réalité. Cluster, épidémie, pollution, capitalisme qui gagne sur l’importance de la vie, éco-anxiété, nous connaissons tout ça en vrai ! Virginie est infirmière en pédiatrie et son mari travaille à la « raffinerie », ce conglomérat qui fait vivre et mourir Clerdun. Les enfants, meurent sans cause apparente, de plus en plus soudainement. Virginie, l’infirmière côtoie constamment les décès des plus petits et Virginie la femme est enceinte et pourrait donner la vie, mais quelle vie ?.

Et puis, il y a les pieuvres qui sont partout dans le marais au fond du jardin, ces créatures veulent transmettre un message que seulement Virginie comprend, les autres ne le peuvent ou ne le veulent pas l’entendre et encore moins l’écouter. Ce roman à l’atmosphère toxique met en avant le subtil élixir qui peut conduire à la clairvoyance ou à la folie.

Avec une écriture sensible l’angoisse monte page après page dans ce résumé de quelques-uns des maux d’un ville-monde. Je suis contente de cette lecture qui nous confronte au pessimisme de la raison (oui je sais je trouve Gramsci même dans un beau roman d’anticipation) Le travail d’édition et illustration sont remarquables et j’ai adoré la « version électronique » du roman qui est livrée avec une clé USB à forme de petite bouteille, un vrai et mignon : « Message in a Bottle ».

Je vous assure c’est trop joli et j’admire la brillante idée. Je vous lance le mien de message : « N’hésitez pas et n’attendez pas, il faut lire ce livre qui nous révèle la folie de notre société de manière accablante et vivifiante. »

L’INFINI DANS UN CONTOUR / Annie Le Brun / Bouquins

« Annie Le Brun est poète. Elle a écrit des essais consacrés, entre autres, au genre noir à la fin du XVIIIe siècle, au marquis de Sade, à la littérature, à la laideur et à la beauté. Cet ouvrage donne à lire la part essentielle de son œuvre » Nous disent de ce livre les Éditions Bouquins

Je rajoute que c’est vraiment une belle édition et un hommage à l’autrice, je dirais même à une artiste inclassable et indéfinissable.

Annie Le Brun, dans sa jeunesse participe aux travaux du groupe surréaliste sous l’égide d’André Breton, en partie par adhésion, en partie, pour échapper des courants disons, à la mode avec une tendance à l’uniformisation.

Le surréalisme célèbre cette année son premier siècle : le mouvement est né, au moins officiellement, avec la parution du Manifeste du surréalisme d’André Breton, en 1924. 

Une occasion pour re découvrir l’œuvre de cette artiste qui ne veut pas être une écrivaine et l’est dans l’âme 

Cette anthologie permet de connaître la femme la poétesse et ses combats.

J’avais lu des textes et des extraits sortis de la plume de Annie Le Brun mais sans me pencher sur l’œuvre globale 

Je me suis terriblement reconnue dans beaucoup de propos. 

Pour Annie Le Brun, il s’agit toujours de redonner du sens à un monde qui n’en a plus, à cause d’une surcharge de réalité négative.

Du trop de réalité paru en 2000 exprime ses sentiments et parle si bien, les miens.

Elle l’a écrit et moi je le vis dans mon expérience et en le lisant dans son texte.

La réalité est un cas particulier du possible et pourtant le monde semble oublier le pouvoir de subversion et de changement. 

Pour faire court People Have the Power mais il

faudrait que People adopte une attitude positive pour les humains et pour la planète.

Annie Le Brun agite sa plume comme un directeur d’orchestre dirige ses musiciens.

Les notes de la poétesse sont un refus réaliste de la réalité.

Ce livre est une merveille contre tout ce qui empêche l’émerveillement.

Un livre de textes lyriques et portiques à la gloire de La Liberté et de la Beauté.

Une citation d’Annie Le Brun : “Le langage reste une arme que chacun peut se réapproprier”

À lire immédiatement ! 

Taipei Gourmet / Resto paris

Hello you !
J’ai mangé il y’a quelques temps, mais les lieux, l’équipe et surtout la nourriture ne s’oublient pas et j’ai déjà envie d’y retourner,  chez Taipei Gourmet 

Tout d’abord, il faut que je vous dise que la cuisine Taïwanaise est très différente de la cuisine « dite Chinoise » que nous mangions en Europe.

Surprise après surprise nous avons découvert des entres des plats et des desserts et un magnifique thé froid à la Mangue.

Le restaurant est present, et a juste titre très bien noté, dans plusieurs Guides des éditions Alternatives comme : Guide du Paris Boui-Boui et Midi Moins Cher.

Effectivement le midi c’est vraiment moins cher !

Nous étions installés dans l’agréable et calme terrasse qui a permis à mon ♿️ fauteuil roulant, une installation parfaite.

J’ai déniché cette adresse perceuse grâce à l’amour pour la littérature.

Le Taipei Gourmet s’est amusé à reproduire des recettes présentes dans le livre Le Sniper, son wok et son fusil, de Chang-Quo Li que vous trouverez chez Folio Policier ! 

Anecdote secrète : Il se vocifère que une équipe Gallimard/Folio serait passée au restaurant pour déguster les plats inspirés par le livre, évidemment ils ont aimé cette cuisine si particulière et délicieuse.

Quelle belle occasion de vous conseiller un livre et un restaurant ❤️.

Lire ce polar et lire la carte du Taipei Gourmet,   furent deux belles expériences.

L’équipe du restaurant est très dynamique et nous avons pu agréablement parler de Taïwan.

J’ai très envie d’y l’aller.

J’ai très envie de recommencer à voyager mais le faire avec la littérature et le food, ce n’est pas si mal ! 

Bref si je devais noter le restaurant je dirais presque, comme le font celles et ceux qui ont du métier :

3 soleils (je les préfères aux étoiles ⭐️ ⭐️ ⭐️)

☀️☀️☀️

Taipei Gourmet

5 Boulevard Saint-Marcel, 75013 Paris-13E-Arrondiss