Bibliothèque de la Pléiade : Un Voyage Littéraire Hors du Temps

Hier soir France 5 à proposé Les docs de La Grande Librairie spéciale Marguerite Yourcenar d’où mon besoin de vous donner aussi envie de la lire.

Evidemment ses textes se trouvent aisément en poche.

« Œuvres romanesques » de Marguerite Yourcenar représente une immersion totale dans l’univers d’une des plus grandes voix littéraires du XXe siècle. Ce recueil, véritable chef-d’œuvre de la Bibliothèque de la Pléiade, rassemble l’ensemble de son œuvre romanesque, témoignant de la richesse et de la diversité de son écriture. Yourcenar, première femme élue à l’Académie française, explore avec brio les complexités de l’âme humaine et les remous de l’histoire. Des « Mémoires d’Hadrien », où elle prend la voix de l’empereur romain pour une réflexion intime sur le pouvoir et la mortalité, à « L’Œuvre au Noir », roman magnifiquement labyrinthique sur l’art et la révolte, chaque texte dévoile des couches de sens et d’émotion.

Yourcenar interroge, elle provoque. Ses récits, marqués par une érudition qui resplendit, sont aussi des réflexions profondes sur le temps, l’amour et la quête d’identité. Dans « Feux » et « Nouvelles orientales », elle réinvente le récit tout en laissant transparaître sa sensibilité poétique. À travers ses mots, une certaine vision du monde émerge, à la fois sombre et lumineuse, où de multiples perspectives se rencontrent. Ce volume, orchestré avec soin une célébration de la littérature et une invitation à entrer en dialogue avec une autrice qui continue d’inspirer des générations de lecteurs.

La nuit ravagée – Jean-Baptiste Del Amo, Gallimard

Avez-vous un lieu hanté dans vos vies ? 

Moi, amatrice de littérature victorienne et gotiques de maisons hantés j’en ai visitées dans mes lectures.

Dans « La nuit ravagée », Jean-Baptiste Del Amo nous invite à la découverte de l’univers de Saint-Auch des années 90, où l’innocence se heurte à la dure réalité. Une maison abandonnée, mystérieuse et inquiétante, occupe les pensées d’une bande d’ados, devenant le symbole de leurs craintes et désirs les plus profonds.

Les années 90, mon adolescence et les espoirs d’un monde meilleure. Je suis admirative de la capacité de ce romancier à faire ressentir les émotions. En lisant je suis dans les années 90 avec lui et ses personnages.

À travers une prose envoûtante et subtile, Del Amo scrute les détours complexes de la jeunesse, celle qui balance entre désillusion et espoir. Il dresse le portrait d’une époque avec une justesse troublante, rappelant à chacun de nous le poids du temps qui s’écoule inexorablement et la beauté cachée dans cette lutte silencieuse contre l’oubli.

Ce roman allie modernité et esprit gothique, dans l’ obscurité, il y a une exploration de la fragilité humaine. On en sort touché, avec l’impression d’avoir partagé un secret précieux que seuls ceux qui ont marché dans les ombres peuvent réellement comprendre.

La Nuit ravagée est un vibrant hommage aux récits d’épouvante mais transcende le genre, devenant aussi un texte social et politique, dans les années 90 j’aurais dit « c’est aussi un livre engagé ».

Un ouvrage à vivre autant qu’à lire, où chaque page résonne longtemps après avoir été tournée.

4,1, le scandale des accouchements en France  / Anthony Cortes et Sébastien Leurquin / Éditions Buchet Chastel

Souvent quand on exprime, on expose un sentiment d’injustice sociale on nous répond « donnez moi des chiffres », Anthony Cortes et Sébastien Leurquin nous répondent 4,1, un pourcentage qui fait trembler.

Ce livre choc révèle un paradoxe troublant : avec un taux de mortalité infantile de 4,1 décès pour 1 000 naissances, la France se classe parmi les derniers en Europe. Environ 2 800 bébés ne célèbrent pas leur première bougie chaque année, et plus de 70 % meurent en maternité.

Cortes et Leurquin dénoncent les fermetures de maternités, la surcharge dans les hôpitaux et l’inaction des pouvoirs publics. Derrière chaque chiffre, une tragédie humaine et une urgence d’agir.

*4,1, le scandale des accouchements en France* est un cri d’alerte pour empêcher cette catastrophe de se poursuivre. 

L’éloignement d’un hôpital, un service de néonatalogie inadapté, une prévention et un suivi des futures mamans absent ou moindre conduisent à 4.1.

Qui peut améliorer la situation ? 

Le Pouvoir Public.

Pourquoi la santé de qualité pour toutes et tous n’est pas une immense priorité ? 

Mais parce que le monde a choisi la guerre, parce que si nous habitons dans une grande ville et vivons dans le confort le chiffre de 4,1 semble si loin …

Un ouvrage essentiel qui mérite d’être lu et partagé, tout comme le splendide livre de Clémentine Goldszal Premiers Cris, passionnante enquête, mais aussi réflexion intéressante sur le monde de la néonatalogie et le langage inconnu des bébés.(Le Seuil) 

« Le Repli du Temps » de Judith Lossmann / Talamasca

Un livre conseillé par une amie se lit évidement.

Celui-ci a respecté ses promesses. 

J’ai découvert « Le Repli du Temps » de Judith Lossmann, un voyage littéraire à travers les âges. Entre 1960 et 2094, nous suivons Elliott, un jeune architecte en quête d’identité, aux prises avec les légendes de Sateen et Jared, héros de son enfance. Dans ce roman choral riche en émotions, les voix s’entrelacent, questionnant l’amour, la liberté, et les choix qui façonnent nos vies.

L’autrice, avec grande force, évoque des thèmes universels et intemporels : la beauté de la fragilité humaine et la lutte contre le passage du temps. C’est pour un thriller intimiste que nous avons ici, tantôt épopée, tantôt réflexion personnelle, nous pousse à nous interroger sur notre propre parcours.

Les récits, ancrés dans un réalisme magique, 

L’amoureuse de Calvino que je suis apprécie, nous transportent autour du globe – du Canada à l’Antarctique – tout en nous amenant à redéfinir notre relation au temps et à nous-mêmes. L’autrice nous invite à envisager la liberté de pensée à travers ses personnages attachants et poignants.

Un livre à découvrir pour explorer des territoires émotionnels et intellectuels riches et variés. Laissez-vous emporter par « Le Repli du Temps », un roman de passion et de réflexion.

« Un perdant magnifique » de Florence Seyvos chez L’Olivier 

Comment choisir un roman ? 

Dans ce cas pour moi, c’est la quatrième de couverture, et le titre qui ont généré le besoin de cette lecture.

Comment résister à l’envie de rencontrer ce magnifique perdent ? 

D’ailleurs c’est qui un perdent, c’est quoi un perdent ? 

Dans son dernier roman, « Un perdant magnifique », Florence Seyvos livre une œuvre profondément ancrée dans les complexités de la relation humaine, explorant la fragilité et la force de l’esprit face à l’adversité. Par le biais de personnages nuancés, l’autrice dresse le portrait d’un homme dont le charme ambigu et la décadence s’entremêlent dans un ballet tragique.

Au cœur de ce récit, Jacques, le protagoniste, émerge comme une figure paradoxale à la fois fascinante et inquiétante. 

Je ne dirais pas perdent si ça tenait à moi mais « perdu ». Qui cherche sans la trouver, une place.

Sa maladie, loin d’être un obstacle, devient le catalyseur de ses aspirations, nourrissant ses rêves d’un avenir qu’il partage avec Anna, sa belle-fille. Ce dialogue nocturne entre les deux personnages, oscillant entre l’espoir et la désillusion, révèle la profondeur de leur connexion. Anna, en quête de repères, se retrouve dans l’univers chaotique d’un beau-père qui tord la réalité tel un illusionniste, souhaite le voir disparaître puis le regrette, retrouvant le fil de son histoire.

L’autrice dessine un tableau vivant des années 80, ancrant son récit dans des lieux emblématiques comme Le Havre et Abidjan, tout en s’aventurant à Rome. 

La déconstruction d’un homme en proie à ses propres démons est contrebalancée par les rêves fragiles d’une génération confrontée à un héritage complexe. Jacques incarne cette dichotomie : quelqu’un qui aspire à la grandeur tout en se laissant engloutir par ses propres failles et les failles d’un système et ses conventions.

Un perdant magnifique s’avère être une œuvre délicate et poignante, portée par une écriture vive.

Je vous le conseille ardemment.

Histoire de mes seins – Studio Hebertot, Paris

Au cœur du Studio Hebertot, la pièce « Histoire de mes seins » s’impose comme une véritable révélation théâtrale. Dans un mélange subtil d’humour et de réflexion, Luna, interprétée avec brio, nous entraîne dans un récit poignant que chaque femme peut, d’une manière ou d’une autre, reconnaître. L’aisance avec laquelle elle jongle entre légèreté et profondeur crée une atmosphère qui captive dès les premières répliques.

À travers ses anecdotes, Luna dévoile la transformation que son corps a opérée sur sa perception et celle des autres. 

J’ai par moments pensé aux livre Pour Britney. 

Les comédiennes forment une équipe dynamique et complémentaire : une inspectrice qui éveille des questions, et une actrice talentueuse qui fait vivre les souvenirs des femmes qui l’entourent, donnant corps à cette fresque féminine. On rit, on s’émeut, et surtout, on sort de cette expérience enrichi, avec des questions sur notre propre rapport au corps et à l’identité.

Les choix de mise en scène sont astucieux, et la pièce réussit à aborder des thèmes sociétaux fondamentaux tout en gardant un ton frais et engageant. On mue avec cette performance, on s’interroge sur la beauté, les normes et les fantasmes qui entourent la féminité. Un spectacle qui mérite d’être vu, partagé, et discuté.

À ne pas manquer pour explorer le délicat équilibre entre humour et vérité.

La Chair du monde de Jean-Marc Rochette – Allary Éditions

Dans « La Chair du monde », Jean-Marc Rochette nous invite à plonger au cœur de ses souvenirs, là où les cimes majestueuses des Écrins l’ont façonné, tout en offrant une ode à une nature aussi bien cruelle que salvatrice. L’auteur, connu pour son parcours exaltant entre l’alpinisme et la bande dessinée, nous gratifie ici d’un récit où chaque mot résonne avec la réverbération des montagnes, chaque phrase évoque la douceur d’une brise alpine.

C’est homme incroyablement éclectique s’entretient à 1600 mètres d’altitude avec Adrien Rivierre. @adrienrivierre 

C’est avec une sincérité troublante que Rochette partage les épreuves de son existence. L’accident qui lui fait abandonner ses aspirations de guide de haute montagne devient le catalyseur d’une transformation créative. Plutôt que de plier sous le poids de la déception, il choisit, admirablement, d’élever son regard vers de nouvelles altitudes, révélant ainsi une attitude inspirante. À travers ses aquarelles et sculptures, (j’aime sa production artistique), il parvient à capter l’essence même de ce qui l’entoure : une nature vibrante, tout autant que timide, rugueuse mais douce, qui devient son refuge et sa muse.

« La Chair du monde » s’impose ainsi comme un récit touchant et résonnant, une lecture à la fois cathartique et inspirante, qui nous pousse à repenser notre propre rapport à la nature, à l’art et à nos rêves. Cet ouvrage est un appel à embrasser l’inconnu, à célébrer la beauté des choses simples et à trouver notre place dans ce grand tout.

Que est ce que ça dit d’une personne le fait de d’installer, volontairement dans un lieu coupé du monde de décembre à mars ? (La route qui mène à la résidence des Rochette est coupée l’hiver

Le découvrir dans ce livre qui se lit comme un

roman, m’a captivée du début jusqu’à la fin.

« L’isolement rajoute un supplément d’âme à nos existence » dit Jean-Marc Rochette, je vous conseille de lire le reste de cette conversation très intéressante.

11marsjelis

Éteignez vos écrans, pour un moment, c’est ouvrez votre esprit ! Le 11 mars 2025, offrons-nous ensemble un moment suspendu dans le temps : 15 minutes de lecture. 

J’ai proposé à me proches et mes amis de lire ou relire avec moi le chef-d’œuvre et unique roman d’Emily Brontë qui est le livre qui m’accompagne. 

Ce rendez-vous national, n’est pas une simple rencontre avec les mots ; c’est un appel vibrant à redécouvrir la magie des livres. 

Que vous soyez lecteur occasionnel ou inconditionnel, chaque page tournée nous rapproche. 

Ensemble, faisons résonner l’importance de la lecture dans nos vies, dans nos écoles, nos entreprises, et nos cœurs. 

Lire c’est nous comprendre et comprendre le monde 🌍 

Lire c’est plus important que jamais pour résister au fausses informations et incitations à la division.

Engageons-nous à faire de la lecture une douce habitude quotidienne ! 📖❤️ #11marsjelis #QuartHeureLecture @le_cnl 

Si vous voulez écouter la chanson Wuthering Heights de Kate Bush c’est à la fin de la vidéo ❤️

Le dimanche 16 mars à 18h00 on pourra échanger à propos de ce livre dans le Book Club 

Book Émissaire dans un live sur le compte d’Augustin Trapenard !

Venez 😉

La Volte

Promenons-nous ensemble dans l’univers vibrant de La Volte, cette maison d’édition indépendante, fondée en 2004, illumine mon ciel littéraire.

Oui, j’aime beaucoup l’esprit et la ligne éditoriale de La Volte ; je m’y retrouve et me sens bien en lisant leurs livres.

L’imaginaire chez eux résonne fortement avec le contemporain.

Dans cette visite chez l’éditeur, vous rencontrerez une première partie de l’équipe, une auteur·ice du catalogue de Lo Volte, un chat trop mignon, une bibliothèque colorée et un livre récemment publié.

Chaque année, La Volte nous propose des récits captivants, où la frontière entre la science-fiction, la fantasy et la prose contemporaine s’efface.

La Volte sait surprendre avec des auteur·ices émergent·e·s qui osent bousculer nos perceptions, apportant des récits si singuliers qu’ils floutent les limites des genres.

Ce qui fait le charme irrésistible de La Volte, c’est surtout son souci du détail, avec des ouvrages magnifiquement conçus, où chaque couverture est une promesse d’évasion. Les thématiques, parfois poignantes, nous interpellent et nous interrogent, transformant chaque lecture en une réflexion sur notre monde.

Cette maison d’édition propose souvent de nouveaux genres que j’aime et qui sont trop mal cotés dans l’hexagone.

N’attendez plus pour découvrir les auteur·ices, un catalogue qui va de Alain Damasio à des plumes moins connues mais tout aussi captivantes.

Cette semaine, chaque jour en story, je vous proposerai de découvrir un livre de La Volte que j’ai aimé.

Premier conseil de lecture : *Les Mains vides*, je l’ai lu et adoré.

Bonne lecture !

La Realidad – Neige Sinno – P.O.L.

L’autrice revient avec un deuxième roman après m’avoir bouleversée avec son premier Triste Tigre.

Dans « La Realidad », Neige Sinno nous emmène au cœur d’une quête initiatique, oscillant entre la découverte de soi et l’exploration d’un monde traversé par l’histoire et l’altérité. Deux jeunes femmes, Netcha et Maga, s’aventurent vers le Chiapas, une terre empreinte de lutte et d’espoir. Ce voyage est une aspiration profonde à comprendre les racines de leur rapport avec les peuples autochtones, en particulier les zapatistes et leur iconique leader, le sous-commandant Marcos. 

Neige Sinno, avec une écriture incisive, interroge notre rapport à la réalité, à travers le prisme des peurs et des désirs, tout en tissant des récits de résistance et de révolte. La tension entre l’érudition acquise et la confrontation à l’autenticité de l’expérience vécue émerge avec force : comment se défaire du poids de l’histoire tout en souhaitant ardemment y appartenir ? La narratrice révèle ainsi la complexité d’un héritage colonial et l’immense défi de rencontrer l’Autre, dans toute sa richesse et sa diversité.

Un texte, autobiographique à bien des égards

Un livre surprenant à découvrir pour un voyage entre enquête sociologique et récit intime.