
À l’annonce de la panthéonisation de Marc Bloch, j’ai été très émue. Enfin un historien au Panthéon ! Des articles ont ainsi fleuri sur cet homme de conviction, s’attachant à ce républicain engagé, à ce fervent patriote sans une once de nationalisme, qui combattit dans les deux Guerres mondiales bien qu’à la seconde il fut homme de plus de cinquante ans, père de six enfants, au citoyen inquiet et lucide qui sut dans L’Étrange défaite analyser les mécanismes de l’échec français en 1940, à l’universitaire démis de ses fonctions à cause des lois antisémites, au résistant, enfin, qui fut assassiné le 16 juin 1944 par la Gestapo.

Et si l’histoire qu’on nous enseigne n’était la plupart du temps qu’une rumeur qu’on a cessé de vérifier.

Un livre qui parle des livres, de la place de la littérature, de la culture et des sciences, en donnant une importance aux biens non-vitaux et non-marchands, ceux ignorés ou méprisés dans une société capitaliste du profit, et de la doxa de la maximalisation de l’utilité.

Avant que les livres d’Isabelle Villain me soient donnés à lire pour écrire sur sa rencontre avec les lecteurs dans le cadre d’ « On lirait le

« J’ai d’abord emprunté le chemin de l’imaginaire, l’écriture a été une conséquence, » explique celle qui revendique avoir été une enfant de la télé et avoir passé des heures devant Astro le Petit Robot, le Club Dorothée, Disney Parade ou Princesse Millenium… Un jour, son père lui enregistre Le Roi et l’oiseau, le film de Paul Grimaud et Jacques Prévert. C’est son premier souvenir d’un énorme coup de cœur. « Le soir, dans mon lit, je me suis projetée le film contre le mur pour pouvoir le changer. Sans le savoir, je faisais de la fan-fiction. »

Belle, convoitée et admirée le soir, la journée, quotidien de Marie-Pierre Vancallement est lié aux interdictions, aux humiliations et aux regards d’une société qui refuse d’accorder la même liberté qu’aux autres. Être une femme trans dans les années 1950 – 1980 signifie vivre avec la peur d’être arrêtée, rejetée ou exclue. Avec Coccinelle, Bambi, Capucine, et toutes les autres, Fétiche compte parmi les premières femmes trans à prendre des hormones à une époque où les effets sur le corps sont peu connus. Elle côtoie artistes, hommes fortunés, ministres. Fétiche devient l’une des premières femmes trans à défiler pour le couturier Jacques Esterel.