Premiers cris : Les mystères de la néonatalogie par Clementine Goldszal , Éditions du Seuil

J’avais envie de me perdre dans les mots d’un essai qui sorte de mon ordinaire lorsque mon regard a été attiré par le livre de Clémentine Goldszal, « Premiers cris ». 

Un projet littéraire évocateur qui m’a immédiatement connectée à mes lectures de Winnicott, Lacan et Freud ou Dolto.

Retrouver la volonté de lire les codes du plus fascinant des êtres : le bébé, est un merveilleux voyage.

À travers une narration empreinte de poésie et une observation aiguë, l’autrice nous invite à repenser non seulement notre relation à la naissance, mais aussi notre compréhension de la vulnérabilité et de l’espoir. 

Le récit plonge dans les coulisses de l’hôpital Necker-Enfants Malades, De cet hôpital, je connaissais seulement la tour Keith Haring, cette fresque monumentale réalisée par mon tant aimé Haring en 1987 sur la tour de l’escalier de secours dans la cour.

Clémentine Goldszal s’immerge avec délicatesse dans cet univers hospitalier de la néonatalogie avec une véritable enquête de six mois, soulignant le travail des équipes médicales qui luttent pour la vie. Elle pousse à réfléchir sur la la nécessité de services médicaux efficaces pour le plus grand nombre, rappelant très justement l’importance des décisions politiques sur l’ « à venir » et l’avenir.

Sans moyens l’hôpital public décline c’est un fait.

Article « le Monde » 03/02/2025

L’autrice, journaliste et critique littéraire , révèle son amour pour les livres à travers une quête de références culturelles qui enrichissent le texte et me font penser que chercher des écrit sur un sujet ou me consoler avec un livre est aussi ma manière d’avancer, d’écrire, de vivre.

La lecture de « Premiers cris » offre une réflexion profonde sur les mystères de la néonatalogie et laisse le lecteur avec un regard renouvelé sur la vie.

Un amour pour la connaissance qui devient conscience est imprimé dans les pages de ce livre, on se retrouve face à la magie et à la fragilité de la vie, capturées dans des moments d’une grande intensité .

En somme, un livre de « non fiction » à l’anglo-saxonne à lire et à offrir pour la beauté de l’écriture la qualité de l’essai.

Ta Promesse, Camille Laurens, Gallimard

Dans « Ta promesse », Camille Laurens explore les méandres des relations modernes, façonnées par des attentes souvent irréalistes et une quête de validation personnelle. À travers l’odyssée de Claire Lancel, une romancière confrontée à la justice, l’auteure nous entraîne dans un univers où manipulations et mensonges sont omniprésents. Claire incarne cette lutte entre l’aspiration à l’authenticité et la fragilité des liens affectifs, mettant en lumière la dissonance entre l’apparence et la réalité.

L’autrice interroge subtilement le narcissisme contemporain et l’absence d’empathie qui caractérisent souvent nos interactions. Elle pousse le lecteur à s’interroger sur la nature même des promesses : sont-elles véritablement des engagements sincères ou des illusions que nous construisons pour protéger nos vulnérabilités ? En filigrane, la romancière nous confronte à la dichotomie entre le désir amoureux et la douleur inhérente aux attentes déçues.

À travers un récit captivant à la Hitchcock et riche en réflexions, Camille Laurens nous invite à célébrer l’amour tout en étant conscients des déceptions qu’il peut engendrer. Son style incisif et sa capacité à générer une sympathie sincère pour ses personnages rendent cette œuvre vraiment prenante.

En conclusion, « Ta promesse » est un roman poignant qui pousse à réfléchir sur le poids des engagements et sur la nature des vérités que nous choisissons d’accepter. Ce livre est un véritable cadeau pour ceux qui cherchent à explorer les nuances des relations humaines y compris dans la sphere publique et à reconsidérer le sens des promesses. Ne passez pas à côté de cette lecture enrichissante pour moi.

Consentir à être vous : L’intensité littéraire de Pauline de Beaumont │ Des Instants

Article en collaboration avec la revue Phusisrevue

Les éditions des Intrants nous proposent encore un texte intéressant et singulier.

Dans le doux murmure des lettres, une voix s’élève, délicate et puissante à la fois. « Consentir à être vous » nous entraîne dans les méandres d’une correspondance empreinte d’émotion, où Pauline de Beaumont, avec une plume vibrante, dévoile la richesse de son monde intérieur. À travers ses écrits, elle développe un panorama de pensées, un reflet saisissant d’une époque marquée par les tumultes de la Révolution.

Chaque lettre est un tableau, chaque mot, une couleur. Les échanges avec Joseph Joubert révèlent non seulement leur amitié, mais aussi une complicité intellectuelle profonde. La mélancolie et l’espoir côtoient l’amour et l’affliction, fusionnant pour donner naissance à une œuvre où la littérature devient le fil conducteur de l’existence humaine.

On retrouve au fil des lettres plusieurs grands noms du monde littéraire.

Pauline, enfermée dans les tragédies de son temps, parvient à transformer la douleur en beautés littéraires. Ses réflexions s’envolent vers des esprits tels que Chateaubriand et Madame de Staël, enrichissant chaque phrase d’une profondeur inégalée. Ce voyage épistolaire est plus qu’un témoignage ; c’est une exploration audacieuse de la condition humaine, un hommage à la force des mots.

J’adore découvrir des correspondances littéraires et j’éprouve une petite nostalgie de ces magnifiques échanges d’un autre temps.

Dans cette œuvre, l’écrit se fait miroir, invitation à contempler non seulement le passé, mais aussi notre propre humanité. Avec finesse et sensibilité, Pauline de Beaumont captive, nous emportant aux confins de ses pensées les plus intimes.

Evidemment l’envie de mieux découvrir la pensée de Joseph Joubert (1754-1824), ce moraliste et penseur français, est née.

 « Mes pieds nus frappent le sol » par Laure Martin – Éditions Double Ponctuation : Un cri de liberté

Dans une danse audacieuse avec ses démons intérieurs, Laure Martin nous livre, à travers « Mes pieds nus frappent le sol », un récit poignant d’émancipation. Son écriture, ciselée et incandescente, invite le lecteur à parcourir les méandres de la reconstruction personnelle. L’autrice tisse habilement les fils de son histoire pour exprimer toute la beauté et la complexité de la métamorphose d’une enfant dominée en une femme affirmée.

Dans ce texte vibrant, chaque mot est une révolte, une affirmation de soi, une invitation à la renaissance. Laure Martin questionne les emprisonnements invisibles et déclame haut et fort le désir ardent de s’approprier son existence corporelle. Suivant un parcours semé de luttes et de force à trouver en soi, le récit illumine le pouvoir de la réappropriation, transformant la douleur en poésie.

Sa plume, à la fois lyrique et percutante, évoque des sensations que l’on ressent au plus profond de soi, et son récit devient une véritable ode à la réinvention. Une épopée personnelle qui suit le chemin sinueux de la liberté, formidable et exaltante.

Une lecture qui est un coup de cœur.

Je vous ai décrit mes émotions et perceptions sans véritable résumé. 

Je fais ça à chaque fois qu’un livre pour moi va plus loin qu’une histoire particulière et devient universel.

Le lire ainsi sera pour vous, une vraie découverte et j’ai hâte de connaître vos émotions de lecture mais je dois vous dire qu’il parle d’inceste ce livre, je dois l’écrire parce que trop de silences règnent dans les familles qui le vivent.

L’autrice parle de cette expérience atroce avec une simplicité qui éclaire tout, avec un rythme qui fait avancer.

Merci Claire Martin de raconter ce silence.

Les Mémoires de la Shoah / Annick Cojean – Baudouin – Rojzman / Dupuis : Quand la Mémoire Dessinée Éclaire les Ombres du Passé

Mon premier choc graphique concernant la Shoah fut sans nul doute « Maus » de Art Spiegelman, un chef-d’œuvre encensé pour sa capacité à dépeindre l’horreur de l’Holocauste à travers l’innocent prisme des bandes dessinées. Aujourd’hui, c’est avec une émotion renouvelée que j’ai découvert « Les mémoires de la Shoah », une bande dessinée signée Annick Cojean, avec la complicité artistique de Théa Rojzman et Tamia Baudouin, publiée par Dupuis.

Annick Cojean, grande reporter au Monde depuis plus de quarante ans et lauréate du prestigieux Prix Albert Londres en 1996, est connue pour son engagement à donner voix à ceux qui luttent contre l’oubli. Dans cette œuvre magnifique, le duo d’artistes parvient à mettre en scène l’indicible avec une tendresse inégalée. Les dessins de Tamia Baudouin, loin de sous-estimer la gravité des récits, parviennent à capter l’essence même des témoignages grâce à des traits subtils et émouvants. Les scènes de dénuement et de douleur sont rendues avec une délicatesse qui préserve la dignité des protagonistes tout en transmettant la profondeur de leur tragédie.

Théa Rojzman, quant à elle, excelle dans l’art de donner vie aux mots d’Annick Cojean à travers un récit intimiste et poignant. Les dialogues sont ciselés, les silences sont lourds de sens, et chaque page tourne avec la gravité d’un cœur qui se serre. En travaillant en collaboration étroite avec le Mémorial de la Shoah, cette bande dessinée devient un vecteur puissant de transmission de la mémoire.

Cette œuvre qui, bien que née d’une douleur historique, s’érige en hymne au courage et à la résistance. La justesse du texte, associée à la finesse du dessin, offre une nouvelle dimension au témoignage, transcendant la simple lecture pour devenir une véritable expérience émotionnelle.

Ce soir, Annick Cojean sera l’invitée de La Grande Librairie pour un moment dédié au souvenir de la libération d’Auschwitz, en ce 29 janvier 2025. Ce sera l’occasion de plonger avec elle dans l’univers de cette bande dessinée qui, en racontant le passé, dessine aussi les contours de notre mémoire collective.

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MÈRE À L’HORIZON / Jacques Gamblin / Robert Laffont 

Si un jour je devais publier les pages que j’écris seulement pour mes yeux, multiples seraient les incursions de ma mère.

Dans « Mère à l’horizon », Jacques Gamblin (chez Robert Lafon) nous offre une exploration émotive de l’empreinte maternelle, à la fois intime et universelle. C’est un récit qui se marie subtilement avec le quotidien, chaque souvenir résonnant comme une note de musique douce et éloquente. L’auteur peint le portrait d’une femme dont le regard sur le monde est chargé de poésie, choisissant de vivre cachée des regards extérieurs, tout en cultivant sa propre beauté et ses espoirs oubliés.

Gamblin habille la nostalgie de touches humoristiques, transformant des instants simples en moments de grâce. On entrevoit cette femme, pleine de rêve et de malice, qui un jour se voyait jouer du jazz ou qui, pleine de malice, envisage de se déguiser en courant d’air pour le prochain carnaval. Ce texte suscite des émotions multiples, soulignant la légèreté malgré le poids des souvenirs oubliés, alors que le silence se déploie autour d’elle, tendu par la perte de l’audition et de la mémoire.

Les lecteurs trouvent dans ce livre une certaine magie, une mélodie des mots qui égaye même les moments les plus solennels. 

Deux de mes libertés préférés m’ont aussi exprimé leur enthousiasme pour la narration unique, l’esprit vif et la fusion extraordinaire de profondeur et de légèreté de ce roman.

Ceux et Celles qui souhaitent prolonger cet enchantement littéraire auront l’occasion de rencontrer Jacques Gamblin mercredi 29 à 21h05 sur France 5, lors de son passage à @lagrandelibrairie . Un rendez-vous à ne pas manquer. 

« Je me regarderai dans les yeux » / Rim Battal / Bayard

Petit livre, grande découverte.

La protagoniste de 17 ans nous regarde droit dans les yeux et se raconte.

📚 « Je me regarderai dans les yeux » de Rim Battal est un tourbillon littéraire, vibrant d’intensité et de vérité, qui nous invite à explorer les dédales de l’adolescence marquée par la révolte et la quête de soi.

Rim Battal, dans son premier roman, nous offre une exploration audacieuse des conflits intérieurs et des pressions externes que subissent les jeunes femmes en quête de liberté. Ce récit puissant, empreint de douceur et de fureur, raconte l’évasion mentale et physique d’une adolescente confrontée à des exigences archaïques : Un certificat de virginité.

Ces mêmes exigences, ma grand-mère, me les racontait, pour l’Italie de son époque.

L’examen gynécologue que la protagoniste décrit si bien, comme sa première fois, me rappelle aussi ma première rencontre avec un gynécologue, pas du tout amical.

L’écriture de Battal, à la fois poétique et mordante, navigue entre les cris du cœur et les rires subtils de l’ironie. 

Les personnages, si authentiques, incarnent ces moments charnières où tout change, où la douleur cède la place à la découverte d’une force intérieure insoupçonnée.

Avec une profondeur remarquable, Battal met en lumière le chemin sinueux vers l’émancipation, transcendé par l’art et la création littéraire. Ce voyage initiatique nous pousse à réfléchir à la complexité des relations, à l’amour, et à la liberté personnelle.

Dans ce livre une histoire personnelle devient une vérité universelle, une véritable réussite littéraire à ne pas manquer. 

🎭 Madame Bovary : Une Relecture Pétillante et Moderne 🎭/ Théatre du marais

Plonger dans l’univers de Madame Bovary, ce classique intemporel, n’a jamais été aussi agréable et amusant. Camille Broquet et Marion Pouvreau relèvent le défi audacieux de rendre cet incontournable de Flaubert encore plus accessible et sans ennui. Leur spectacle moderne et entraînant, vous donnera envie de lire le livre qui est aussi moderne et accessible.

Oui j’aime Flaubert.

J’aime beaucoup beaucoup Flaubert.

Revenons à la pièce : Ce duo talentueux réussit à captiver tous les publics. Que vous soyez un adolescent peu réceptif, un amateur de classiques épris d’humour, ou simplement curieux de découvrir pourquoi Emma Bovary fascine tant, vous trouverez dans ce spectacle une raison d’adorer ce chef-d’œuvre littéraire.

Mais pourquoi s’arrêter là ? Après avoir ri et réfléchi devant cette interprétation originale, laissez-vous tenter par la lecture de Madame Bovary. Il est temps d’explorer par vous-même les motifs et les passions qui ont forgé ce personnage mythique de la littérature française.

 Ne manquez pas cette expérience théâtrale unique !

Je vous invite aujourd’hui à découvrir une pièce, vraiment belle et un livre toujours beau.

Merci @lhotted  de m’avoir proposé de découvrir cette pièce.

Merci Théâtre du Marais 

La colline qui travaille / Philippe Manevy / Le bruit du monde, Vies en Résistance : Les Voix de la Colline Ouvrière

Philippe Manevy nous enchante avec  La colline qui travaille,  une saga familiale qui transcende les époques. Dans une prose à la fois incisive et délicate, l’auteur nous entraîne au cœur des souvenirs pour retisser les liens distendus par le temps. À travers les décennies tumultueuses du XXe siècle, nous suivons Alice, une grand-mère résistante et tisseuse, dont l’histoire s’entrelace avec celle de son époux René, typographe. Manevy dévoile avec élégance  les complexités et les douceurs du quotidien ouvrier, posant un regard admiratif sur ceux qui ont bâti, dans l’ombre, l’histoire collective.

Celles et ceux qui ont tissé le monde actuel (que nous décomposons toujours un peu plus, opinion personnelle) 

Chaque personnage, soigneusement sculpté, s’impose comme un témoin privilégié des grandes transformations sociétales, allant des espoirs post-Front Populaire aux désillusions contemporaines. La narration, entre tendresse et véracité, rend hommage à une mémoire collective précieusement gardée, tout en questionnant l’héritage des luttes passées.

Mais aussi et, c’est bien cela qui fait la force de ce roman : une écriture qui célèbre la vie, la famille et la mémoire. Son écriture est à la fois forte et légère, capable de traverser les époques et les épreuves avec une grande justesse.

Le bruit du monde est le nom de la maison d’édition, ce livre raconte le bruit de la vie.

@philippemanevy  je vous regarderai et écouterai surtout, ce soir à @lagrandelibrairie 

Parce que écrire contribue à décrire le monde et à l’éveiller.

Les livres peuvent changer le monde.

Merci Le bruit du monde.

Le pays des autres – J’emporterai le feu / Leïla Slimani / Gallimard

 Dans ce dernier tome de la trilogie, Leïla Slimani approfondit les enjeux politiques et sociaux qui habitent ses personnages. Bien plus que dans les  précédents livres, cette œuvre se concentre sur les luttes identitaires et les impacts du racisme et de l’exil dans un monde en mutation. 

À travers l’histoire de Mia et Inès, les filles de la famille Belhaj, Slimani nous conduit dans les réflexions d’une génération qui cherche sa place dans un société marquée par les préjugés. Le besoin de liberté, aussi bien personnel que collectif, est au cœur de ce récit puissant. 

Les mots de Mehdi, le père, raisonnent comme un véritable appel à l’émancipation : « Allume un grand incendie et emporte le feu. » Cette phrase emblématique sert de fondement à une quête de sens et de révolte face aux entraves des racines. 

Slimani, avec sa plume incisive et poétique, nous offre une fresque où chaque personnage se débat avec son héritage tout en militant pour une existence pleinement libre. Ce volume final est une réflexion profonde sur le passé et le présent, un encouragement à transcender les contraintes et à embrasser l’avenir.

Je ne vous cache pas que c’est mon tome préféré, j’aime la plume déterminée de l’autrice et la capacité de rendre universelles les sensations, tout ça allié à une description très intéressante des évolutions de la société marocaine.

Ici le choix de l’ « écriture ou la vie » se pose, la lectrice que je suis répond que les livres peuvent changer des vies mais il faut que l’accès aux livres soit vraiment pour toutes et tous.

L’ancienne militante et élue locale que je suis répond que si plus d’attention était portée à la culture et à l’éducation, le monde serait moins gris.

Une œuvre à ne pas manquer, qui promet d’être enrichissante et inspirante. 

Rendez-vous le 23 janvier 2025 pour découvrir « J’emporterai le feu » ! 📖❤️ 

RDV Aujourd’hui, avec le Club des lecteurs Gallimard, pour moi pour rencontrer l’autrice qui sera demain à La Grande Librairie.