Ma chérie, de Wendy Delorme, Cambourakis

Porcé, 16 septembre 2026

Il est difficile de parler de Ma chérie de Wendy Delorme sans commettre des maladresses, sans devenir parcellaire.

L’écriture de Wendy Delorme n’est pas résumable ; elle doit être prise en entier, en une seule respiration, comme l’air du Bosphore, puis analysée durant une longue expiration afin d’en saisir le maximum de molécules. Ses livres sont de ceux que les enfants d’Eve et Adam peuvent présenter le jour du Jugement dernier, en disant, tel Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski tendant Don Quichotte au tribunal divin : Tout est là et qui peut nous juger pour cela ?

Je dois cependant rédiger ici un commentaire sur Ma chérie et le faire en quelques lignes, mais je me bornerai à en résumer la trame :

Dans Ma chérie, Wendy Delorme s’adresse à sa fille de presque 14 ans dans un débit rapide, pressé par la crainte de ne pas avoir le temps de dire tout ce qu’une mère désire et se sent obligée de dire à sa fille sans qu’elle lui ait posé de question. Les chapitres sont des lettres dans lesquelles l’autrice expose à son enfant sa vision des sentiments et son vécu avec pudeur. Elle s’explique et se raconte de manière détournée, avec l’espoir d’être comprise.

Certaines lignes sont des vertiges qui font ressentir la fatigue due à la lutte contre le cancer et aux effets secondaires du traitement qui ressemble à un empoisonnement.

La maladie et ses conséquences sont présentées par paliers. La peur de la mort n’est pas évoquée directement, mais elle est présente derrière ce qui est une invitation à vivre, à vivre pleinement, intensément, passionnément chaque instant, même si, en mère responsable, Wendy Delorme encourage à faire attention à l’amour qui se cristallise sur un ou une autre, exposant que certains lacs sont acides et tuent les oiseaux qui viennent s’y poser.

Dans ce récit intime, Wendy Delorme se révèle davantage blessée par ses aventures sentimentales que par la maladie contre laquelle elle est en résistance. Dès les premières lignes, sa fille, qui est plus mature qu’elle face à la matière, juge l’amour, celui des relations à deux, juge banal et galvaudé, lui dit : « maman, arrête le couple ! » Une phrase qui résonne comme un coup de canon dans un livre où le cancer est décrit comme un sale type qui ronge le sein de la narratrice.

Vlad d’Escoubleau

Auteur/autrice

  • Vlad d'Escoubleau

    Rédacteur.
    Ancien militaire aimant la littérature qui déplace, les histoires d’hommes et de femmes ayant façonné le monde de l’art, des idées...
    L’écriture et la recherche historique font partie de sa vie.
     
    Belgrade, Venise, Tripoli, Saint-Nazaire, le monde.

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