
La fille du temps, Joséphine Tey, 10/18
Et si l’histoire qu’on nous enseigne n’était la plupart du temps qu’une rumeur qu’on a cessé de vérifier.

Et si l’histoire qu’on nous enseigne n’était la plupart du temps qu’une rumeur qu’on a cessé de vérifier.

Un livre qui parle des livres, de la place de la littérature, de la culture et des sciences, en donnant une importance aux biens non-vitaux et non-marchands, ceux ignorés ou méprisés dans une société capitaliste du profit, et de la doxa de la maximalisation de l’utilité.

Avant que les livres d’Isabelle Villain me soient donnés à lire pour écrire sur sa rencontre avec les lecteurs dans le cadre d’ « On lirait le

« J’ai d’abord emprunté le chemin de l’imaginaire, l’écriture a été une conséquence, » explique celle qui revendique avoir été une enfant de la télé et avoir passé des heures devant Astro le Petit Robot, le Club Dorothée, Disney Parade ou Princesse Millenium… Un jour, son père lui enregistre Le Roi et l’oiseau, le film de Paul Grimaud et Jacques Prévert. C’est son premier souvenir d’un énorme coup de cœur. « Le soir, dans mon lit, je me suis projetée le film contre le mur pour pouvoir le changer. Sans le savoir, je faisais de la fan-fiction. »

Belle, convoitée et admirée le soir, la journée, quotidien de Marie-Pierre Vancallement est lié aux interdictions, aux humiliations et aux regards d’une société qui refuse d’accorder la même liberté qu’aux autres. Être une femme trans dans les années 1950 – 1980 signifie vivre avec la peur d’être arrêtée, rejetée ou exclue. Avec Coccinelle, Bambi, Capucine, et toutes les autres, Fétiche compte parmi les premières femmes trans à prendre des hormones à une époque où les effets sur le corps sont peu connus. Elle côtoie artistes, hommes fortunés, ministres. Fétiche devient l’une des premières femmes trans à défiler pour le couturier Jacques Esterel.

Dans Comment survivre à votre fatigue de genre ?, Vincent Patigniez explore deux types de fatigue. La première, la fatigue de genre, vécue par les personnes minorisées confrontées aux stéréotypes, aux discriminations, mais aussi à la charge permanente d’explications et de justifications. La seconde, la gender fatigue, désigne la lassitude ressentie par celles et ceux qui considèrent que les questions de genre prennent trop de place dans le débat public.

Djibouti, micro-État désertique sous le regard d’une enfant de l’exil vivant en France. Un regard par-dessus l’épaule d’un Père, à travers les vidéos musicales d’Abdallah Lee (1963-2007), chanteur djiboutien de langue Afar.

Le narrateur, âgé de 25 ans dans le texte, raconte ce qui le conduit un jour à demander un internement en psychiatrie. Il raconte l’hôpital, les patients, la vie quotidienne, sa vie professionnelle et une adolescence qui l’ont conduit un jour à demander de l’aide, afin de ne pas renouveler le geste du suicide qu’il a déjà commis, physiquement, mais aussi moralement, poussé par la vie, et par des parents défaillants et toxiques.

Ce pays n’avait jamais manqué de prophètes de la fin. C’était même une spécialité locale, les diseurs de malheur à la pelle. En général, ils se trompaient, et ça finissait mal pour eux. Ce qui était nouveau, c’est que cette fois, ça semblait vrai.

La biographie de l’écrivain afro-étasunien James Baldiwin (1924-1987), par Nicholas Boggs, était une nécessité, et l’on ne peut que se réjouir de sa traduction publiée aux Éditions du Seuil.