Térébenthine

Mot de l’éditeur :

« Certains, ou plutôt devrais-je dire certaines, se sont étonnés du peu d’artistes femmes citées dans notre programme d’histoire de l’art. J’ai donné carte blanche aujourd’hui. Mesdemoiselles, c’est à vous !  » Quand la narratrice s’inscrit aux Beaux-Arts, au début des années 2000, la peinture est considérée comme morte. Les professeurs découragent les vocations, les galeries n’exposent plus de toiles. Devenir peintre est pourtant son rêve. Celui aussi de Luc et Lucie, avec qui elle forme un groupe quasi clandestin dans les sous-sols de l’école. Un lieu de création en marge, en rupture. Pendant ces années d’apprentissage, leur petit groupe affronte les humiliations et le mépris. L’avenir semble bouché. Mais quelque chose résiste, intensément.

Biographie de l’auteur :

Carole Fives est à la fois auteur et plasticienne, diplômée de philosophie et de l’école des Beaux-arts. Elle vit à Lille où elle enseigne dans une école d’art et de création graphique. Elle a publié plusieurs ouvrages salués par la critique : Quand nous serons heureux, prix Technikart et prix Jeunes talents Fnac, Que nos vies aient l’air d’un film parfait, prix L’usage du monde, et aux Editions Gallimard : C’est Dimanche et je n’y suis pour rien, Une femme au téléphone et Tenir jusqu’à l’aube. Elle est aussi l’auteur de livres pour la jeunesse.

En 2018, le roman Tenir jusqu’à l’aube est présent sur les listes des prix Fnac, Médicis et Wepler. Il est en cours d’adaptation pour le cinéma.

Dans Térébenthine, elle raconte le parcours de trois étudiants aux Beaux-arts. Le déclencheur de ce texte a été le suicide de son professeur de peinture aux Beaux-arts, probablement précédé d’un féminicide.

Notre avis :

Térébenthine le nouveau roman de Carole Fives, autrice que j’avais déjà apprécié dans ses ouvrages précédents, est une réflexion sur l’art et ses évolutions.

La narratrice et les autres personnages principaux Luc et Lucie sont des étudiants des Beaux-Arts de Lille, que le lecteur suit dans leurs recherches artistiques et dans les questionnements sur l’avenir et les possibilités qui pourraient s’ouvrir à eux.

Une belle observation de la psychologie humaine, agréable à lire et que j’imaginerais bien jouée en pièce de théâtre pour pouvoir “voir” les cours imaginés par l’autrice, notamment ceux de la journée carte blanche née de la demande de découvrir des artistes femmes choisies par les étudiantes. Niki de Saint Phalle, Yoko Ono et la Street artiste Miss.Tic, pionnière féminine du pochoir peuplent cette lesson pas ordinaire.

J’ai pensé en lisant ce texte, à un ami artiste qui, en donnant un cours à un jeune élève disant aimer les coulures à la Keith Herring lui proposait d’abord d’apprendre à ne pas en faire et de choisir sa voie après la maîtrise d’un « peu de technique »

L’ambiance des Beaux-arts est extrêmement bien rendue grâce à l’expérience personnelle de Carole Fives comme étudiante et enseignante.

J’ai lu les 176 pages du livre sans interruption, vraiment une belle plume et un style captivant.

❤️❤️❤️❤️❤️

Gallimard 

Le livre sortira le 20/08/2020

Carole Fives
Extrait
Extrait
Extrait
Œuvre de Niki de Saint Phalle
Installation de Yoko Ono
Miss.Tic

Auteur/autrice

  • Cristina Soler

    Fondatrice et directrice du média, critique littéraire et journaliste culturelle pour la presse européenne. Elle conduit depuis plusieurs années un travail d’analyse, de médiation et de transmission autour des livres et de la création contemporaine. Elle est également productrice et corédactrice de l’émission web Fragments.

    SciencesPo, formation continue à l’ENA en communication et mécénat culturel. Ancienne élue locale et responsable politique, en Italie puis en France. Elle a longtemps cru qu’elle changerait le monde par la politique. C’est le monde politique qui a changé.

    Lire, transmettre, conseiller, proposer ce qu’elle aime : c’est ainsi qu’elle agit.

    Elle espère intéresser, faire réfléchir, donner envie d’être libres. Libres d’aimer Pratchett, Proust, Kant et les comics. D’aimer le grec ancien et la langue des Ents, le klingon ou, comme elle, le chant grégorien.

    Elle parle aussi de cinéma, de théâtre, de loisirs, de jeux. De tout ce qui traverse sa vie et de ce qu’elle peut faire aujourd’hui.

    Le livre de sa vie est Wuthering Heights.

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