Minotaure, Boris Bergmann, Albin Michel

Nous avons reçu Boris Bergmann, l’auteur de Minotaure (Albin Michel), au salon Littré, pour parler d’un père qui n’a jamais répondu et de ce que cela engendre sur une vie.

J’ai lu Minotaure, un crayon à la main, et je suis resté longtemps à la page 92. Dans le livre, Boris Bergmann a vingt-deux ans ; il vient de sonner chez son père, un psychiatre de Bordeaux qu’il n’a jamais vu. Il monte. Dans le cabinet, la première chose qui lui est demandée :

  • Quel est l’objet de notre rencontre ?

Aujourd’hui, c’est avec moi que Boris Bergmann a rendez-vous. Notre entretien débute par la même question. Quarante minutes d’échanges, qui vont du Rock’n’Folk à Daumal, en passant par ses lectures de jeunesse, les machines qui écrivent, sa mère qui lui dit dans le livre cette phrase qui m’a frappée :

  • L’abandon, c’est ce que tu construis. Et de la promesse qu’il lui a faite, un enfant, un jour, par choix.

Ce livre, Boris Bergmann l’a porté en lui durant dix-neuf ans. Il le délivre après six romans, dont le premier a été écrit à l’âge de quinze ans. Un premier roman qui a pour exergue une lettre au père que tout le monde a pu lire sauf lui. Un père absent qui revient sous différents masques dans l’ensemble de son œuvre. Cette fois, Boris Bergmann raconte tout et sans fard : l’enfance à Belleville avec sa mère et les militants de AIDES qui l’adoptaient à tour de rôle ; le test de paternité à Bruxelles ; le don d’un rein à la femme qu’il aimait et qu’il allait quitter.

Les jurys ne s’y sont pas trompés : Minotaure figure cet automne dans les sélections des prix Goncourt, Renaudot et Médicis, ainsi que dans celle du Goncourt des lycéens.

L’entretien est ci-dessous. Le livre est une belle occasion pour entrer dans une librairie indépendante.

Minotaure, Boris Bergmann, Albin Michel, 256 pages, 20,90 euros.

Un entretien d’Édouard Leroy. Images et montage : Héloïse Grégoire.

Auteur/autrice

  • Edouard Leroy

    Rédacteur en chef de L’Horizon & l’Infini (H&I), média culturel indépendant fondé par Cristina Soler et consacré à la littérature, aux idées et aux arts, Édouard Leroy en conduit la ligne éditoriale. Journaliste culturel et médiateur littéraire, il y signe entretiens d’auteurs, reportages et critiques. Une exigence constante : lecture intégrale des œuvres, questions ancrées dans le texte, refus du registre promotionnel.
    Instagram et YouTube : @endoudlettres.

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