Jules Verne, Le Voyage Extraordinaire, spectacle immersif Au Grand Hôtel des Rêves, Paris 5e , un tour du monde en 50 minutes jusqu’au 8 novembre 2026

Rue du Cardinal Lemoine, à l’intérieur d’un hôtel particulier du XVIIIᵉ siècle, un décor s’étend sur une surface impressionnante de plus de 1 000 mètres carrés. Nous voici durant 45 à 55 minutes immergés dans les aventures de l’écrivain. Ils ont pensé à tout : des tapisseries du XIXᵉ siècle à un vraisemblable Jules Verne incarné par des acteurs âgés à longue barbe.

Nous commençons par faire la connaissance du vieux Verne, Sage et encore plein d’énergie, un peu rhétorique, mais séduisant. Il a envie de nous parler de lui et de sa vie. Ses yeux brillent devant la beauté du monde. Nous ne savons cependant pas si c’est le monde réel ou celui qu’il a imaginé.

Verne nous invite à le suivre chez Hetzel, le grand éditeur, bien avant celui du jeune Jules, de Balzac et de Hugo. Hetzel n’aime pas le manuscrit de Verne sur le Paris du XXᵉ siècle : il veut de la nouveauté, plus d’imagination, mais il croit en l’inventivité du garçon. Il lui donne une journée pour y réfléchir et un rendez-vous dans l’atelier de Nadar, photographe passionné de ballons aérostatiques. Nous nous rendons nous aussi à ce rendez-vous et restons stupéfaits devant la nacelle d’une montgolfière grandeur nature. Nous voilà happés par l’atmosphère du Tour du monde en quatre-vingts jours, avec rien de moins que Phileas Fogg, à l’amusant accent anglais, et des sketches comiques qui font rire aux éclats petits et grands.

Hetzel nous avait promis que nous rencontrerions aussi l’iconique George Sand, celle qui porte le pantalon, fume le cigare en public et revendique sa liberté vis-à-vis de tout homme. L’éditeur tient parole et nous voici dans un café parisien avec George, à la table de son ami Verne. Sans nous en apercevoir, nous prenons part à des paris (où l’on mise des livres, pas de l’argent) pour parier sur la réussite du tour du monde en 80 jours de Phileas Fogg, qui part aussitôt après à bord d’une automobile dont la conduite est d’une praticité douteuse. George encourage l’imagination de Jules en lui offrant une nouvelle idée : explorer les abysses. L’enthousiasme presque enfantin du garçon est irrépressible, tout comme l’a été sa plume qui a fait de lui un auteur si prolifique.

Alors, vite, en route ! Nous embarquons dans le sous-marin de Vingt mille lieues sous les mers. La lumière se pose sur Jules qui lit quelques extraits du vrai livre, sous forme de notes dans son fidèle carnet noir ; puis elle se déplace sur le capitaine Nemo, ivre et désespéré par la présence de monstres mystérieux. Il est temps d’évacuer. L’alarme retentit et nous fuyons vers De la Terre à la Lune, devant un tableau noir couvert de calculs et un professeur à la fois très exigeant et paternel. Nous nous se préparons au décollage. Les étoiles se déploient autour de nous, ou plutôt c’est nous qui sommes les étoiles, fluorescents, au milieu du noir.

Après les étoiles, la lumière qui nous enveloppe est plus chaude, bien que tremblotante comme celle des astres. C’est le tour d’Edison, admiré par Verne et cité dans plusieurs de ses récits, qui illumina paris de 20 000 ampoules durant l’Exposition universelle de 1889, l’année celle pour laquelle Eiffel érige sa tour.

Nous nous retrouvons dans une cabine de pilotage, celle d’Apollo 11, en 1969. Nous regardons les véritables images d’archives de l’alunissage, guidés par un commandant très captivant qui nous fait participer, nous demande si nous sommes prêts, si nous donnons le feu vert à l’opération. Nous nous sentons partie prenante de l’histoire, quel que soit notre âge, pendant que nous assistons au spectacle.

Le progrès est ici célébré et pressenti par le vieux Jules qui revient sur scène en nous interrogeant : jusqu’où l’homme ira-t-il ? La fascination pour la croissance nous aveuglera-t-elle au point que nous ne puissions plus nous arrêter ? « Pour le meilleur et pour le pire », dit Verne !

Nous sortons par l’arrière et nous aimerions avoir entre les mains au moins cinq romans de Jules Verne. Un enfant en demande un à son père. C’est le signe que le pari est gagné !

Stella Manerba, 29 septembre 2026

Jules Verne, Le Voyage Extraordinaire

Au Grand Hôtel des Rêves

47 Rue du Cardinal Lemoine, 75005 Paris

Mer. 13h-19h / Ven. 16h-19h / Sam. 10h-20h20 / Dim. 10h-19h

29,99€ (adulte)

19,99 (enfant)

Gratuit pour les – 4 ans

Auteur/autrice

  • Stella Manerba

    Née en Italie, elle a suivi un double parcours universitaire : littéraire et éditorial à l’université, et musical au conservatoire, où elle obtient un master en musique de chambre.

    Elle s’installe à Paris en novembre 2025 et fait ses premiers pas dans le monde de l’édition française grâce à un stage aux éditions Allia. Elle décide ensuite de s’immerger davantage dans le secteur du livre, sans quitter la capitale, en s’inscrivant en Master 2 d’édition italo-française à Sorbonne Université.

    Elle aime toutes les formes de contamination, qu’il s’agisse de contamination culturelle ou de ces occasions où les disciplines s’entremêlent et dialoguent. De là est née l’idée d’une rubrique littéraire et musicale pour la revue L’Horizon et l’Infini.

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