
Et si Sand nous parlait encore de liberté
Ce spectacle nous est proposé en 2026, année justement consacrée à George Sand, qui n’a jamais paru aussi actuelle.
En rentrant, j’ai voulu regarder à nouveau la fiction télé avec Nine d’Urso pour continuer l’immersion.
Dans la salle intime de La Folie Théâtre, nous voyons un comédien qui incarne Georges, profondément fasciné par George Sand, qui devient son obsession, au point de vouloir devenir elle. Face à lui, un psychiatre passionné de littérature, censé le soigner, mais qui glisse peu à peu, lui aussi, sous le charme de cette figure du dix-neuvième siècle.
J’aurais moi aussi succombé comme le psychiatre.
Ce que j’ai aimé avant tout, c’est la façon dont le texte de Joshua Laffont-Cohen traite Sand. Comme une présence vivante, convoquée avec tendresse et une vraie érudition.
On sent, dans chaque réplique, l’amour que porte son auteur à cette femme libre, indomptable, qui a écrit contre son siècle. George Sand n’est pas ici un décor historique. Elle est un souffle, une revendication, presque une camarade de combat qui traverse les époques pour venir nous rappeler ce que veut dire choisir sa propre vie (mais n’oublions jamais que ses conditions maternelles l’y aidaient).
Le comédien qui incarne Georges/George porte le rôle avec une grâce troublante, oscillant sans jamais forcer le trait entre l’homme et la femme qu’il devient sous nos yeux. Son partenaire, en miroir, laisse voir avec beaucoup de justesse le vertige d’un soignant dépassé par son patient. La mise en scène, signée Laffont-Cohen et Claude Bokhobza, reste sobre, presque austère, rien ne vient parasiter les mots, tout est affaire de regards, de silences, de basculements.
On sort de cette heure et quart avec une question qui continue de travailler longtemps après les applaudissements : comment faire en sorte de raviver le souvenir de grandes figures du passé ?
Un spectacle intense, à voir avant le 28 novembre.
N’oubliez pas de lire George Sand.