
Parmi les essais qui ont titillé ma curiosité en cette rentrée littéraire, il y a celui de Joséphine Legeay : La vie des gens timides.
C’est un sujet qui me passionne, parce que la timidité a toujours été mon guide.
Publié par la très jolie maison d’édition Les Corps Conducteurs, défenseuse d’une littérature d’idées et de réflexion, l’essai de Joséphine Legeay nous confronte à la timidité, un trait de caractère assez commun qui a pourtant une charge perçue comme négative. Elle interroge ces gens qui gravitent autour des autres, « condamnés à errer en périphérie des cercles », ces timides que la société rejette parce que transparents, peu enclins à se démarquer des autres.
En compilant des textes philosophiques et sociologiques, Joséphine Legeay fait de l’anxiété sociale un rempart contre la construction idéologique de la course à l’ego. Elle fait exister les timides en taisant les « forts », celles et ceux qui brillent, qui, par leur aisance naturelle, arrivent à se fondre dans un groupe.
Les timides sont des voix silencieuses et silenciées. Grâce à cet essai, leurs voix n’ont jamais résonné aussi fort.
