
Cette semaine, direction deux maisons d’édition indépendante de la sélection 2026 du prix Hors Concours : Mathilde Bonte-Joseph, des éditions Quartier libre, et Delphine Cajeux, de Slatkine. Elles présentent le livre qu’elles défendent cette année et nous disent ce que garder l’esprit libre veut dire, quand on est éditrice.
Quartier libre
Mathilde Bonte-Joseph défend London 53, premier roman de Sophie Prat. On y suit Josiane, esthéticienne à Audruicq, près de Calais, dont la vie bien réglée se fissure le jour où une demande de passeport biométrique fait remonter un secret enfoui. Le quotidien se craquelle, les souvenirs refont surface.
Née en 1975, Sophie Prat a étudié l’histoire médiévale avant de s’investir dans la culture électronique, jusqu’à participer à l’organisation de la toute première Techno Parade en 1998. Conceptrice-rédactrice indépendante, elle vit à Paris. London 53 est son premier roman.
Slatkine
Delphine Cajeux porte Aux gens qui doutent, de Laura Gamboni. Le roman raconte la vie ordinaire des habitants de l’Écovallon, un quartier durable en construction en Suisse romande. Pas de personnage principal, pas de grande quête : juste les familles Veillon et Ardant qui s’y installent, sous le regard mi-amusé mi-agacé de Jacqueline, la doyenne. Un récit-mosaïque porté par les vagues verte et féministe de 2019.
Née en 1978, Laura Gamboni est licenciée en Lettres de l’Université de Lausanne et enseigne le français après dix ans dans la gestion culturelle. Son premier roman, Crier sous la vague, est paru en 2011.
Mathilde Bonte-Joseph et Delphine Cajeux défendent la même chose au fond : des textes choisis pour ce qu’ils sont, non pour ce qu’ils pourraient vendre. C’est peut-être ça, garder l’esprit libre, quand on édite.