Tuer le vieux, Daria Marx, Flammarion

Dans ce premier roman de Daria Marx, tout est question de violences.

Celles de l’inceste, celles qui s’imposent après le silence. 

La narratrice de ce premier roman coup de poing de la rentrée a été violée par son grand-père lorsqu’elle était enfant. 

Elle se demande lorsqu’elle réussit à obtenir enfin un rendez-vous pour porter plainte – qui sera annulé s’il ne faut pas « tuer le vieux ». 

Elle décide de partir avec son chien (compagnon refuge) et d’aller à la rencontre de son agresseur. 

Dans un récit sans filtre, presque en apnée, Daria Marx arrive à nous faire ressentir les émotions qui traversent la narratrice, entre colère, tristesse et dégoût, jusqu’au bout, elle se dit prête à tuer le vieux. Et à travers cette pulsion de mort, c’est aussi sa propre existence qu’elle interroge. Peut-on vraiment tout effacer en accédant à l’extrême violence ? 

En est-elle vraiment capable ? 

Daria Marx fait surgir les voix des femmes abusées, silenciées. Elle nous confronte à l’indicible, elle ne nomme pas, elle réduit à néant son bourreau pour se décharger, c’est un nuisible, un vieux qu’on veut faire crever. En faisant ça, elle retourne le stigmate, pour enfin exister. 

Extrait : 

« L’adolescence quand tu as passé ton enfance à te faire tripoter, c’est un délire. Je suis comme un claque-doigt, ces petits pétards qu’on lance pour les faire éclater. Je fonce dans les murs pour le plaisir de l’impact, pour me faire exploser, je veux me faire mal, c’est trop chic, je veux qu’on me remarque, je veux qu’on me craigne aussi, je veux exister. » 

Auteur/autrice

  • Laurie Andrés

    Je me prénomme Laurie, j’habite à Reims (on aime toujours le préciser, mais c’est à seulement 45 minutes de Paris en TGV).

    J’ai fait pas mal de choses dans ma vie…

    Je suis diplômée d’un master en communication. À 20 ans, j’ai travaillé dans l’hôtellerie, mais aussi en milieu hospitalier.

    En 2017, j’ai tout plaqué : CDI et petits boulots, pour devenir journaliste freelance.

    J’ai collaboré avec de nombreux magazines spécialisés dans le vin et le champagne. Puis, en 2022, je suis revenue à ce qui m’anime depuis toujours : la littérature et, plus généralement, la culture.

    Comme une évidence, je suis devenue libraire en 2025. Un métier passionnant, exigeant, qui nous offre un véritable lieu de résistance !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *